‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 22 sur 413 · I. Act., ni · texte numérisé non relu

I. Act., ni

Hist. gén. de l'Eglise. — I

Arrestation

de Pierre

et de Jean.

Interrogatoire

des deux apôlres.

Discours de Pierre.

parler au peuple dans le péristyle de la maison de Dieu, sans mission de l'autorité hiérarchique, était une témérité coupable. Mettre la main sur les deux apôtres et les conduire en prison fut l'œuvre d'un instant. C'était le soir. Il était trop tard pour organiser un jugcnieut. On remit au lendemain la suite de la procédure. Mais beaucoup de ceux qui avaient entendu le discours de Pierre crurent à Jésus-Christ. A partir de ce moment, cinq mille hommes composèrent l'Eglise naissante de Jérusalem.

Le lendemain, les chefs du peuple, les anciens et les scribes, se réunirent. On remarquait dans l'assemblée Anne, le grand prêtre *, Caïphe, Jean et Alexandre 2. Le tribunal, qui naguère avait condamné le Maître, se retrouvait au grand complet : il allait maintenant juger les disciples.

« Les juges firent placer au milieu d'eux Pierre et Jean, et leur dirent : Par quel pouvoir et au nom de qui avez-vous fait cela ^ ? » La scène était, dans sa simplicité, d'une grandeur sans pareille. Pour la première fois, les humbles disciples du Christ, hommes « sans lettres et du commun du peuple * », se trouvaient en présence de ces puissances ennemies que leur Maître leur avait fait entrevoir. Mais le secours d'En-Haut, qui leur avait été promis, ne leur fit pas défaut. Le président du sanhédrin a'avalt pas osé prononcer les mots de miracle ou de guérison. Il avait appelé le prodige : cela.

« Le Saint-Esprit, disent les Actes, remplit alors l'âme de Pierre ^. » Regardant en face ses juges, d'un regard simple et droit, le chef des apôtres leur dit : « Chefs du peuple, et vous, anciens d'Israël, vous nous interrogez sur le service que nous avons rendu à un pauvre paralysé. Vous voulez savoir au nom de qui nous l'avons guéri. Eh bien, sachez-le, et que tout Israël le sache : c'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d'entre les morts. Jésus est la pierre que vous avez rejetée en bâtissant; il est devenu la pierre angulaire de l'édifice ; et il n'y a pas sous le ciel d'autre nom parmi les hommes qui puisse nous sauver. »

I. Les Romains avaient enlevé depuis longtemps à Anne la grande sacrificature et l'avaient donnée à Caïphe. Mais on sait que, pour les vrais Juifs, un décret de l'étranger ne pouvait enlever au pontife son droit, réputé inaliénable. Le nom de grand prêtre lui fut conservé, quoique en fait il n'en remplit pas les fonction».

a. Act., IV, 5-6.

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