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F. DE Champagnï, les Anlonins, t. III, p. ii5-ii

2 "S HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE

grêle tombent sur l'armée barbare avec une telle impétuosité que ses soldats se débandent dans une panique indicible. L'armée romaine est sauvée.

Quand, plus tard, un monument commémoratif des victoires de Marc-Aurèle en Germanie fut élevé au Champ de Mars, c'est à Jupiter Pluvius que l'on attribua le prodige. Mais à côté du témoignage officiel, le souvenir du fait, tel qu'il s'était passé, se répandit dans le peuple, inspirant aux païens une vénération religieuse pour le Dieu qu'adoraient les chrétiens et fortifiant en même temps la foi des fidèles.

Nouveaux Bref, au début du m" siècle, par la large tolérance dont le chrîs-

'^rp'*i- tianisme jouissait, par son influence croissante, par sou expansion continue, par la multiplication Je ses œuvres de zèle et de charité au milieu des pauvres et par l'élau scientifique qui se manifestait parmi son élite intellectuelle, l'Eglise semblait pouvoir donner libre carrière aux plus magnifiques espérances. Mais il est sans doute dans les desseins de la Providence, que les périodes de paix et de prospérité, données par Dieu à ses fidèles, ne soient que des trêves, pendant lesquelles ils doivent se fortifier pour de nouveaux combats. Tandis que se déroulaient les événements que nous venons de raconter, une secte, née obscurément dans un bourg de la Mysie phrygienne, grandissait, qui devait bientôt ravir à l'Eglise et retourner contre elle le plus éloquent de ses apologistes ; plus d'un docteur de l'Ecole d'Alexandrie allait troubler les fidèles par des témérités doctrinales ; et l'expansion même du christianisme était près de soulever contre lui une terrible persécution. Nous aurons à faire, au chapitre suivant, le récit de ces nouvelles épreuves. Il nous reste seulement à raconter ici la naissance et le progrès de l'hérésie montanisle, où devait succomber TertuUien. Oriffines ^^ Phrygie, pays des corybantes et des cultes orgiaques, était,

d" de toutes les régions de l'antiquité, la plus portée aux rêveries

religieuses. Saint Justin fait allusion à la simplicité niaise iwec laquelle les Phrygiens acceptaient toute nouveauté bizarre *. Un

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