‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 227 sur 413 · I. Sailli Jlstik, Dialotjue, cxix · texte numérisé non relu

I. Sailli Jlstik, Dialotjue, cxix

montanisme.

LA LUTTE 27g

néophyte, nommé Montan, ancien prêtre de Cybèle, y exploita cette tendance, en colorant habilement de christianisme toutes les extravagances de son esprit orgueilleux et pervers ^. A l'autorité régulière

des pasteurs hiérarchiques, il substitua l'inspiration personnelle et Montan, ï. . /-Tfi -i T • •! • 1 • 1 sa doctrine.

1 extase. L. était, disait-il, revenir aux charismes des temps apostoliques ; c'était se mettre en contact direct avec Dieu, sans l'intermédiaire des hommes. A ces deux titres, il présenta sa conception comme un christianisme plus parfait que celui de l'Eglise traditionnelle. Plusieurs le crurent et s'attachèrent à lui. Les chrétiens ordinaires glorifiaient le martyre ; Montan ordonna de le rechercher : « Honte, disait-il, au, chrétien qui meurt dans son lit. » On vit quelques-uns de ses adeptes se précipiter au-devant des tourments, sauf à fléchir lâchement au moment de les subir, comme ce Phrygien Quintus, dont il est question dans la relation du martyre de saint Polycarpe : il avait entraîné plusieurs compagnons au martyre, mais à la vue des bêtes, il prit peur et apostasia ^. Les chrétiens louaient la chasteté ; Montan condamna le mariage. Les chrétiens, sur la foi de saint Jean, se confiaient au Paraclet ; mais le Paraclet, c'était lui, Montan, ou, du moins, il en était l'organe authentique ^. A la lecture des livres des prophètes, des visions de l'Apocalypse, il ajouta la lecture et l'étude du livre d'Enoch, qui contenait bien plus de détails précis sur les derniers jours du monde. Ce livre présentait, en effet, la description idyllique de la terre que Dieu fera fleurir, au dernier jour, pour ses élus, où Dieu donnera aux justes toutes les joies de l'esprit et des sens, un bonheur sans mélange et une fécondité sans bornes. Les adeptes delà nouvelle doctrine déclarèrent que Montan avait reçu la révélation de beaucoup plus de choses que Jésus-Christ *. De fait, il en prêchait beaucoup plus. Le pro- Sa tactique, cédé de Montan, on le voit, était bien simple : faire à l'Eglise tra-

1. Selon saint Epiphane, les débuts de Montan remonteraient à l'an 157. Saint Epiph.vke, Hœres., xli, i. Cf. Harnack, Chronologie, p. 872.

2. Mart. Polycarpi, iv. Eusèbe parle aussi d'un montaniste, Alcibiade, qui, mêlé dans la prison aux autres confesseurs de la foi, commença par vivre de pain et d'eau, suivant la rigueur de la secte, mais bientôt après usa avec gratitude des dons du Créateur. (Eusèbe, H., E. 1. V, ch. m.)

3. Sur l'identification de Montan au Saint-Esprit, voir une curieuse inscription publiée par M. Clermont-Ganneau, dans le Bullelin archéologique du comité du travail historique et scientifique, 1901, p. 3io, n. 7. Le texte de l'inscription est le suivant : Flavius Abus, domesticus, i[n) nomine Patris et Filii [et ?) Do[mi)ni Muntani, quod promisit complevit. Sur quelques inscriptions montanistes récemment découvertes, voir les Echos d'Orient, t. V, p. i48 ; t. VI, p. 61 ; t. VU, p. 53.

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