Ibid., 1. VII, cb. Yii
HISTOUIE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
La mystique
.le
Cloment
d'Alexaadrie.
Imprécisions
et
inexactitudes
thcologiqucs
(le Clément
d'Alexandrie.
du Niai mystique parvenu au sommet de la montagne de perfectiou.
Plus tard, de faux mystiques essaieront de s'appuyer sur la doctrine de Clément d'Alexandrie pour patroner leurs erreurs ^ Clément, il est vrai, comme beaucoup de mystiques, ne mesure pas toujours ses expressions. Cependant, il est bon de remarquer, avec Bossuet, que « ses grands mots exagératifs portent en eux-mêmes leurs res trictions dans leur propre excès, et l'on voit bien naturellement qu'ils demandent un correctif ; mais quand ce correctif est apporté par l'auteur même, le dénouement est certain, et il n'est pas permis de s'y soustraire- ». Clément dit bien, en un endroit, que u la vertu du gnostique est inamissible^ » ; mais il ajoute que cette inamissibilité est due à ses offorts, à sa prévoyance, à son bon gré, aidés de la grâce de Dieu *. Il déclare que l'amour parfait bannit tout motif intéressé de crainte ou d'espérance ; mais de l'ensemble de sa doctrine, il ressort clairement qu'il n'écarte de l'amour parfait que les motifs tirés de l'espoir d'un bien temporel, d'une récompense autre que Dieu lui-même 5. S'il représente enfin le parfait chrétien, l'esprit et le cœur immuablement fixés vers un centre immobile, qui est Dieu, ce n'est point pour qu'il s'arrête à une contemplation inaclive, mais pour qu'il trouve dans cette contemplation même un moyen d'avancer plus rapidement et plus directement vers sa fin. m Le chrétien, ditil, dans une belle image, est semblable à un marin qui, après avoir jeté l'ancre, se met en mouvement vers elle ; le véritable gnostique, par là même qu'il se fixe à Dieu par la contemplation, se pousse lui-même vers Dieu ^. »
On a relevé, dans les expressions dont Clément d'Alexandrie se sert en parlant de Dieu, de la Trinité, de l'humanité du Christ, de la vie chrétienne, des inexactitudes et des imprécisions. Elles sont presque toujours dans les mots plus que dans les pensées. Elles sont dues, la plupart du temps, à l'imperfection d'un langage théologique en voie déformation. Ainsi, en parlant des Personnes divines, parfois il pousse si loin l'expression de leur unité, qu'il semble n'en faire que