Stromates, 1. 1\ , ch. xxiii
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des modes d'une même substance, et qu'il encourt le reproche de niodalisme ^ ; et cependant d'autres passages, où il semble outrer la dépendance d'origine du Fils à l'égard du Père, Font fait accuser de subordinalisme ^ . Il divise les chrétiens en deux catégories, les uns s'appuyant sur la foi seule, les autres s'élevant jusqu'à la gnose ; mais il affirme, d'autre part, que la gnose suppose la foi et que la foi contient en germe la gnose ; de telle sorte que sa distinction n'a rien de commun avec celle qui séparait, dans la fausse Gnose, leshyliques, les psychiques et les pneumatiques, accordant à ces derniers des franchises scandaleuses ^.
Les inexactitudes nombreuses que renferment les œuvres de Clément d'Alexandrie, leurs exagérations manifestes, ont fait juger sévèrement sa doctrine par plusieurs théologiens *. Ce n'est point ce motif cependant qui paraît avoir déterminé le pape Benoît XIV à le rayer du martyrologe, mais bien plutôt le fait qu'avant l'inscription de son nom au martyrologe d'Usuard, au xi* siècle, on n'a trouvé aucune trace d'un cul te de vénération rendu à cet écrivain ecclésiastique dans une Eglise quelconque, avec l'assentiment formel ou tacite d'un évêque ^.
Le plus grand mérite de Clément d'Alexandrie est peut-être Origène. d'avoir formé Origène.
I. Pàdagogne, i, 7, 8 ; m, I3 ; Stromates, v, 6; vu, 12. a. Slroinales, i\, a5, a6 ; v, i4 ; vu, 2. i.Pédag.. 1, 6.
4. Par exemple par le P. Petau, qui voit en Clément d'Ale^^andrie des germes d'arianisme. Sur la doctrine et les erreurs ou inexactitudes de Clément, voir TixEtiOiiT, Histoire des dogmes, p 263-278.
5. Benoit XIV, Œuvres, t VI, p. iig-iaS. Quelque chose de « ce christianisme hellénique, aux contours peu arrêtés, à l'horizon lumineux et vague », se retrouve dans les Odes de Salomon, écrit pseudépigraphe dont on rencontrait la trace dès le me siècle, mais qu'on croyait à jamais pefdu, quand, vers 1906, Rendel Harris, savant orientaliste de Cambridge, l'a retrouvé dans un lot de manuscrits syriaques apportés des bords du Tigre. MM. Labourt et Batipfol en ont donné, en 191 1, une traduction française accompagnée d'une introduction historique (Paris, Gabalda). Plusieurs indices font conjecturer que cette œuvre, expression tout à fait remarquable d'un mysticisme juif à tendances gnostiques, est une œuvre égyptienne, et (( on se figure sans trop de peine le pseudo-Salomon composant ses poèmes dans l'atmosplièrc où Clément devait grandir, peut-être non loin de son maître Pantène ». A. d'Alès, Etudes, t. GXXIX, 191 1, p. 769.
Importance
du rôle
d'Origène
ians l'histoire
de la
théologie.
Son enfance.
Somme toute, si l'on met à part quelques idées, vagues encore, mais suggestives, sur les voies mystiques, l'apport personnel de Clément aux sciences ecclésiastiques est de peu d'importance. L'auteur du Pédagogue fut un éducateur, un merveilleux éveil leur d'âmes, un de ces maîtres qui ne donnent toute leur valeur que dans leur chaire de professeur, ou mieux encore dans leurs entretiens familiers avec leurs disciples. Il le reconnaît lui-même : il se demande, au début de ses Stromates, s'il lui est permis d'écrire, de confier à un livre mort ce qui est fait pour l'enseignement oral et vivant *. Tout autre est Origène. Ses ouvrages, autant que son enseignement, feront date dans l'histoire de la pensée humaine. Jusqu'à saint Augustin, dont l'autorité supplantera la sienne, tous les Pères grecs et latins s inspireront de son exégèse, de son apologétique et de sa théologie. Ce « bourreau de travail ^ », ainsi que l'appellera saint Athanase, ne sera pas seulement un moissonneur de toute la science de son temps, comme Irénéo, il sera, comme Augustin, un semeur d'idées nouvelles. L'histoire doit s'arrêter avec vénération devant la personne et l'œuvre de ce grand homme.
Il était né en i85., à Alexandrie même, de parents chrétiens, avait eu pour premier instituteur son père Léonide, puis, de bonne heure, avait fréquenté l'Ecole d'Alexandrie. Il y avait entendu les leçons de Clément. Dès ses premières années, l'enfant avait révélé l'ardeur de sa piété et son désir avide de science. « En ce qui concerne Origène, dit Eusèbe, même les langes de son berceau, pour ainsi dire, me semblent dignes de mémoire. Sévère était à la dixième année de son règne ; Lœtus gouvernait Alexandrie, Démétrius avait récemment reçu l'administration des Eglises de ce pays, et le feu de la persécution allait grandissant. Origène n'était alors qu'un enfant; mais un tel désir du martyre s'empara de son âme, que bondir, s'élancer au combat lui était une joie... Sa mère dut un jour lui cacher ses habits pour le forcer à restera la maison -^ » Dès ses premières années, il s'appliqua avec une ardeur inouïe à étudier, sous la direction de son père, les Saintes Lettres, « ne se contentant pas du sens obvie, qui est à la portée de la main, mais cheiyhaiit plus loin, soulevant des pro-