I. Tertullien, Advers. Marcionem, i, aS
a. Acta sanctorum, février, t. I, p. 44, dans la Passio Pionii et sociorum.
3. Le christianisme de Philippe est nettement attesté par Eusèbe, H. E., 1. VI, ch. XXXIV, Vincent de Lérins, Advers. hxr,, xim , Orose, vu, 19, et Denïs d'Alexandrie dans Eusèbe, 1. VII, ch, xix.
Sa pénitence.
1 favorise
les bonnes
raœurs
et le
christianisme.
Les chrétiens virent avec bonheur arriver à l'empire un horame qui, ayant reçu ie baptême, ne l'avait jamais renié ; mais TEf^^line ne pouvait taire son blùme pour le crime qui l'avait fait empereur. Pendant le voyage qu'il fit à Rome pour y revêtir les insignes un ()»'•riaux, son étape dans la ville d'Antiocbe fut marquée par un incident qui nous est rapporté par Eusèbe, saint Jean Chrysostome et la Chronique d'Alexandrie *. C'était vers le milieu du mois d'avril de l'an 24:'j ^. Les chrétiens d'Antioche célébraient, dans une assenibl«';e nocturne, la vigile de Pâques. Le saint évêque, Babylas, qui devait plus lard donner si courageusement sa vie pour la foi, présidait la réunion. Philippe, accompagné de sa femme, Olacilia Severa, chrétienne comme lui, s'avance pour prendre place au milieu des fidèles. Mais l'évêque l'a reconnu. Il s'approche de l'empereur, et, appuyant sa main sur la poitrine de Philippe : « Tu as commis un meurtre, lui dit-il, l'Eglise ne peut te recevoir qu'au rang des pénitents. » « En même temps, dit saint Jean Chrysostome, il chasse le souverain de l'église, sans plus de trouble qu'un pasteur qui chasse une brebis malade de sa bergerie ^. » L'empereur coupable obéit, et va prendre docilement sa place, au bas de l'Eglise, parmi ceux qui, dans une attitude humiliée, attendent le pardon de leurs péchés *.
Chrétien imparfait, mais sincère, Philippe l'Arabe se signala par plusieurs mesures pleines d'humanité. Il abolit cette publicité du vice qui avait été si longtemps ie scandale du monde païen ^. En célébrant, en 2/48, le millénaire delà fondation de Rome, il accorda une amnistie générale, qui permit le retour aux chrétiens exilés ou déportés *». On peut attribuer à la défaveur qu'il manifesta à l'égard des confréries idolAtriques, la chute du Collège des Arvales, dont tous les empereurs, jusqu'à lui, avaient tenu à honneur de faire partie ''. Mais ce souverain d'aventure, sans racine dans le monde romain, n'eut pas
I. EcsÈDK, //. E., 1. VI, ch. xxxiv ; S. Jban Ghrtsostohjb, De sancto Dabyla, vi ; Chron. Alex., édit. i6i5, p. 63o.
a. TiLUtuoiiT, Histoire des empereurs, t. III, p. 3oa.