I. P. Allard, Hist des pers.. t. II, p. 20/j-ao
a. Aux premiers siècles le titre de martyr n'était pas exclusivement réservé à ceux qui étaient morts pour la foi. On le donnait aussi à ceux qui avaient souffert do grands tourments pour le même motif.
Saint Anlère,
pape
Son martyre.
Sainte Barbe.
Mort
ée Maximin
gages que de libérer les prisonniers de l'empereur. On retrouve Anibroise vivant à la fin du règne de Philippe, vers 248.
La magistrature romaine fut plus vigilante à l'égard du successeur de Ponlien, Anlère. La Chronique d'Hippolyle, reproduite par le catalogue philocalien, rapporte que Ponlien, parvenu à l'île de Sardaigne, s'était démis de sa dignité et qu'en son lieu avait été ordonne Antère *. On s'est demandé quelle put être la cause de cette étrange démission du pontife et de son remplacement si prompt. M. Paul AUard a conjecturé que « la récente adoption par l'Eglise romaine de la forme corporative comme base de ses rapports avec la société civile, l'importance croissante des intérêts matériels confiés au chef de la communauté, provoquèrent la résolution prise par Pontien ; il voulut que, dans la crise qui venait subitement troubler la paix, l'Etat trouvât en face de lui un administrateur responsable, un chef pouvant parler et traiter au nom de ses frères * ». Pontien survécut peu à sa démission. Quant à Antère, il mourut à Rome avant même que le martyre eût mis fin am. jours de son prédécesseur. Le Liber pontijicalis dit que le pontife fut mis à mort « pour avoir recherché avec soin au greffe et caché dans son église les actes des martyrs'. » 11 fut déposé dans la crypte papale, au cimetière de Calliste. Le marbre qui fermait son tombeau et qui portait son nom : Anteros episcopos, a été retrouvé par J.-B. de Rossi *.
Sainte Barbe, dont les Actes sont d'une basse époque, paraît avoir souffert aussi sous Maximin, probablement à Nicomédie ^.
Le règne de Maximin se termina par une scène de meurtre, analogue à celle qui l'avait inauguré. Un jour de mars de 238, pendant que l'empereur dormait sous sa tente, devant Aquilée, les prétoriens se précipitèrent vers lui pour le mettre à mort. Eveillé par le bruit, il eut le temps, dit-on, de se dérober au suprême outrage par un suicide.
Sous ses deux successeurs immédiats, Pupien et Balbin, qui ne
1. Document cite par le P. de Smbdt, Introductio generalis ad hist. eccles., p. 5ii. a. P. Allaud, op. cit., p. 196-197.
3. DucHESNE, Lib. pontif., Introduction, p. ci. — Cf. Tillkmont, Mémoires, t. £11, note II sur saint Antèr«.
4. Rossi, Roina sotterranea, t. II, p. 56 et pi. III, n. a. Saint Antère était grao d'origine Durant son court pontificat il s'occupa Je faire recueillir les actes doa martyrs. On lui a attribué une décrétalo permettant la translation des (5vl^qucs d'un siège à un autre, (.e document est apocryphe. (Ducmesnb, Li6. pontif., t. 1, p. xcv, 0, i47 ; Japfé, liegesta pontijirum, t. I, p. i5.)
6. Voir Tillkmont, Mf'moires, t. 111, note i sur la pers. de Maximin.
LA LUTTE 325
régnèrent que quelques mois, et sous Gordien III, qui prit leur place, les chrétiens ne furent pas inquiétés par les magistrats impériaux. Les Actes des martyrs ne signalent, sous le règne de ce dernier empereur, que les supplices auxquels fut soumise, par sa maîtresse païenne, l'esclave Sabine, qui refusait d'abjurer la religion chrétienne. L'esclave Quand les « frères » apprirent qu'elle avait été reléguée par sa dure sainte Sabine, maîtresse dans un ergastule, au milieu des montagnes, les pieds enchaînés, condamnée à un rude travail, près de mourir de fatigue et de faim, un angoissant cas de conscience se posa devant eux. La loi chrétienne, si favorable qu'elle fût à la libération des esclaves, avait toujours considéré comme un acte violateur de la propriété, l'évasion de ceux-ci. « Un tel acte, disait Tertullien, serait à la fois contraire à la justice, à l'équité et à la probité * ». Mais un abus de pouvoir, tel que celui qu'ils avaient devant eux, une telle violation des premiers principes du droit naturel, ne légitimaient-ils pas une exception à la grande règle ? Leur conscience résolut la question par l'affirmative. Des chrétiens courageux réussirent à faire évader l'héroïque esclave, lui rendirent la liberté, et changèrent son nom en celui de Théodote, qu'elle porta désormais, pour dépister les recherches de son inhumaine maîtresse^.
Le successeur de Gordien III, Phihppe, était le fils d'un bandit
arabe. Le nouvel empereur avait fait son chemin dans l'armée
romaine. Il était arrivé au pouvoir impérial, comme Maximin et Philippe
comme Gordien, par une émeute militaire et par le meurtre de son ^'f '■*'^®' P^^- ,j, ,, . • • 1 , , mier empereur
prédécesseur. Mais ce parvenu criminel, né, non loin de la Palestine, chrétien
dans une région peuplée de chrétiens, avait été initié de bonne heure (a44-a49).
à la foi chrétienne 3. Tout enfant, il avait pris part aux éprei>ves de
l'Eglise, persécutée sous Maximin, puis à la joie de ses frères, lorsque
la chute du tyran leur rendit la paix et la liberté.