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Ibid

HISTOIRE GÉiNÉRALE DE l'ÉGLISE

Tascius Cœcllius Cyprianus était né à Carlhage vers 210. Elevé au milieu du luxe d'une riche famille païenne, il avait étudié d'abord l'éloquence et le droit, aimé le monde, cherché le succès et la gloire dans la profession de rhéteur, défendu même l'idolâtrie par ses discours ; mais le paganisme ne pouvait satisfaire son intelligence

Sa conversion droite, ni surtout son cœur égris de pureté. Ayant étudié à fond la jy doctrine chrétienne par des entretiens qu'il eut, vers 235, avec le

christianisme, prêtre Cœcilianus, il se convertit à la foi nouvelle, et, dès lors, transforma radicalement sa vie *. Cyprien vendit ses biens, en distribua le prix aux pauvres, fit vœu de continence et renonça pour toujours aux lettres profanes. Dans son œuvre chrétienne, qui est considérable, on ne relève pas une seule citation d'auteur païen*. Il connut Tertullien vieillissant et l'appela toujours son maître ^ ; mais il n'en eut jamais les fougueuses témérités. Ce qui devait être la caractéristique de ce grand homme, le plus grand que l'Eglise latine ait connu depuisTertullien jusqu'à saint Augustin, c'est l'accord, bien rare, qu'il sut réaliser, d'une absrlue maîtrise sut soi-même avec une ineffable douceur envers les autres. Génie merveilleusement équilibré, « ordinairement très modéré, ami du juste milieu, mais défendant ses idées modérées avec une singulière vigueur * » , il trouva le secret de cette harmonie constante dans une foi chrétienne profonde, pénétrant également sa parole, sa pensée et sa vie. Le savant historien de l'Afrique chrétienne a pu écrire que « jusqu'à saint Augustin, on ne trouve pas d'écrivain plus intimement pénétré de la pensée chrétienne ^ ». C'est ce qui fait le charme de cette figure sympathique entre toutes celles de son siècle.

Mais au moment où Cyprien, élu évêque de Carthage en 2^9, allait se donner tout entier, avec la nouvelle autorité de sa charge pastorale, à l'œuvre de la réforme des mœurs chrétiennes, un édit impérial déclarait au christianisme la guerre la plus terrible et la plus perfide qu'il eût jamais eu à soutenir jusque-là. Le paganisme romain, ayant trouvé dans un nouvel empereur l'homme capable de

Caractéristique de son génie.

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