I. P. Allard, op. cit., p
Application
ri{,'oureuse
de sanctions
légales.
Toute tentative d'association non autorisée
est punissable de mort.
Exil de saint
Etienne,
de
saint Gyprien
et de saint Denjrs.
La situation était surtout grave par les sanctions terribles que le vieux droit romain apportait à de pareilles prescriptions, et par une jurisprudence nouvelle, qui en augmentait encore les rigueurs.
A la rigueur du droit, tout crime d'impiété, c'est-à-dire tout refus d'honorer les dieux de l'Etat était passible de l'exil. Ainsi, obéissants ou réfractaires, prêtres et évêques étaient forcément séparés de leur peuple fidèle ; dans le premier cas, par leur idolâtrie ; dans le second, par leur départ hors des frontières.
Les sanctions des lois sur les associations étaient plus radicales encore. Le droit romain, dont il ne faut pas oublier l'absolutisme centralisateur, punissait toute tentative de fondation ou de reconstitution de société illicite à l'égal du crime d'un brigand qui s'empare à main armée de temples ou d'édifices publics *. Et comme, dans cette théocratie païenne, toute institution publique avait un caractère religieux et politique à la fois, la peine de ce crime devenait celle de lèse-majesté, crime à peu près identique au sacrilège - et méritant la mort ^. Par là, d'une manière indirecte et cachée, mais terriblement efficace, l'édit de 267, qui semblait oublier les simples fidèles, les atteignait en fait : un laïque fréquentant un cimetière ou tenant une assemblée religieuse était passible de la peine capitale. La peine capitale, en droit romain, avait deux degrés : la mort ou les travaux forcés *.
Malgré tout, ce premier édit n'obtint pas l'effet qu'on escomptait. On visait les têtes. Les têtes, c'était alors Etienne, Cyprien etDenys; ils furent les premiers frappés ; mais leur courage fut un réconfort pour les fidèles. On manque de détails sur la mort du pape Etienne. Probablement condamné à l'exil aussitôt après la promulgation de l'édit, il y mourut bientôt et reçut de l'Eglise le titre de martyr ^. L'évêque de Garthage fut exilé à Gurube, en Afrique, et l'évêque d'Alexandrie à Kephro, en Libye ; mais l'un et l'autre se tinrent en rapport avec leurs collègues, qui continuèrent à tenir des assemblées religieuses. On n'osa pas frapper tous les évêques. On se contenta,
I. Quisquis ilUcitum eoUegium usurpaverit, ea pana tenetar, qua tenentur qui hominibus armatis loca publica vel templa occupasse judicati sunt. Vlvieh, Digeste, xlvii, un, i.
a. Proximum sacrilegio crimen est, quod majestatis dicilur, Olpibn, Digeste, xltiii. nr, I.