I . Ep. LI
a. Elsèbb, h. E., 1. VI, ch. xliii, n. ii. 3. ËLsàsE, H. E., 1. Vil, ch. v, n. a.
li. AuRELiuB Victor dit qu'il était multum iners, Epitome. Cf. Zozimb, i, S6. 5. La magie était alor* le dernier reste de la religion païenne. Les écrits des Pères doK II*, iii*i et iv>i siècles itont pleins d'allusions à la pratique de la magie. 0. De opère et eleemosynU, i5.
LA LUTTÉ
fidèles, toujours prêts à secourir leurs frères dans leurs calamités, et non dans des coffres d'où l'on pourrait les arracher. L'imagination du vieil empereur fut dès lors obsédée par cette vision d'une Eglise accumulant des trésors dans ses temples, tandis que les caisses de l'Etat se vidaient. Au lieu d'attribuer la déplorable situation financière de l'empire à des causes économiques et morales, qu'un peu d'attention aurait fait apercevoir : à l'esclavage, à la mauvaise organisation du travail, à l'injuste répartition des richesses, à la consommation improductive des revenus, aux désordres moraux qui favorisaient en même temps la méfiance indolente de l'ouvrier et le luxe insolent du maître, Macrien laissait entrevoir qu'une puissante société accaparait la richesse, la détournait de l'Etat, amenait la ruine publique. En parlant ainsi, l'habile intrigant ne satisfaisait pas seulement une haine personnelle contre les chrétiens ; il se faisait l'écho de rumeurs populaires habilement entretenues et exploitées par le parti païen ; il était le porte-voix de ce dernier. ~
Deux édits de persécution, promulgués en 267 et en 258, furent le résultat de ces accusations. L'un et l'autre furent moins dirigés contre les chrétiens pris individuellement que contre la société chrétienne. On ne demandait à personne d'apostasier. Le premier édit enjoignait seulement aux chefs hiérarchiques de l'Eglise : 1° de faire adhésion officielle aux dieux de l'Etat, tout en conservant, s'ils le voulaient, le culte qu'ils rendaient au Christ ; 2° de renoncer à la forme collégiale qu'ils avaient donnée à leurs Eglises. Au premier abord, la double injonction pouvait paraître relativement modérée ; en réalité, « aucune mesure aussi grave n'avait encore été prise par un persécuteur ^ » ; elle visait à la fois la hiérarchie et la forme sociale de l'Eglise. Sans soulever les masses populaires, procédé toujours plein de risques, sans demander m.ême aux chefs des Eglises une abjuration de leur croyance, on amènerait simplement ceux-ci à se rallier au culte national, en dissolvant tous les liens de société qui avaient jusque-là relié If^s fidèles. Peu importe, après cela, que ces deiTiiers continuassent à refuser leur encens aux divinités romaines et à garder entre eux la forme d'un groupement. Ils ne pourraient le faire que séparés de leurs chefs et privés de leurs biens. Frappée à la tête et à la base, l'Eglise chrétienne ne pouvait que se dissoudre et mourir à bref délai.
Premier édit
de persécution.
Habile tactique de Valérieii.