‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 309 sur 413 · Ibid., n · texte numérisé non relu

Ibid., n

5. Eusèbe parle déjà cependant d'une « Ecole hellénique d'Antioche », (H. E. 1. VII. ch. inx.)

La lutte

contre l'hérésie.

Paul de Samosate,

évêque d'Antioche,

Le

mouvement intellectuel à Antiochc

pendant

la seconde

moitié

du 111° sièclu.

Doctrine de Paul de Samosalo.

11 renouvelle le modalisme de Thcodote.

Il ressuscite

Fadoptianismc

et prépare

rarlanisme.

n est conabattu

par Firmilien

de Césarée

et Denys

d'Alexandrie.

met au jour, dans des écrits dont il ne nous reste que des fragments, toute une doctrine sur Dieu et sur le Christ.

Les Alexandrins se sont comme enivrés de la théorie du Logos. Le Logos ou Verbe, dit Paul, mérite tous nos hommages ; mais il n'est qu'un simple attribut de Dieu, sans subsistance propre, tout aussi impersonnel que la parole que profère une bouche humaine *. Il n'est en Dieu qu'une seule Personne, et on ne saurait en reconnaître qu'une seule, sous peine de détruire l'unité de Dieu et de donner un démenti à des centaines de textes formels de l'Ancien Testament. Mais il faut avouer que la Pensée du Dieu unique, après s'être manifestée par Moïse et les prophètes, s'est communiquée d'une manière plus parfaite à Jésus de Nazareth. La théodicée de Paul de Samosate, on le voit, n'est que le modalisme de Théodote et d'Artémon, rajeuni par une méthode d'exposition plus dialectique et plus positive.

Sa christologie s'inspire pareillement de l'adoptianisme de ces derniers ; mais il prétend la justifier par une exégèse plus scientifique. Certes, pour lui, le Christ est un être à part ; le Verbe de Dieu l'a tellement pénétré, qu'on ne ment pas en l'appelant « le Dieu né d'une vierge », ou « le Dieu de Nazareth^ » ; mais, au fond, le Christ n'est qu'un homme. N'a-t-il pas déclaré lui-même, en termes exprès et clairs, que « son Père est le seul vrai Dieu ^ », que « son Père est plus grand que lui * »? Ne s'est-il pas plaint sur la croix d'avoir été « abandonné par son Père ^ » ? N'est-il pas dit dans l'Evangile que, dans son enfance, « il croissait en grâce devant Dieu et devant les hommes ^ » ?

La haute situation de Paul de Samosate, ses relations plus hautes encore, les ressources de son esprit subtil et disert, pouvaient entraîner bien des âmes. Cyprien n'était plus. Firmilien de Césarée, Denys d'Alexandrie et Grégoire le Thaumaturge se levèrent pour défendre la doctrine orthodoxe. Firmilien fit deux fois le voyage d'Antioche "^ ; Denys écrivit au clergé et aux fidèles de cette ville. L'hérésiarque protestait de son orthodoxie, modifiait ses formules,

I. RouTii, ReliquisB sacrœ, t. III, p. 3oo ; S. Epipuane, Haeres., ilv, 3. a. Contra ApolUnarium, n, 3.

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