Voir DucHEs:<E, Hist. anc. de l'Efjlise, I
390 HISTOIRE GÉîiÉKALE DE l'ÉGLISB
La Mischna taires semblait être toute l'occupation de ses docteurs. La MiscHnîo et le Talmud. ,, , ™, ii/-,i-i» ■»» 1 ,
et les deux lalmud, de Galilée et de Jenisalem, représentent tout
leur travail du ii* au iv" siècle. Mais comme les Juifs se répandaient partout, dans le monde romain, l'Eglise se préoccupait toujours de veiller sur les contacts qu'ils pouvaient avoir avec les chnHiens. Vers- Soc, le concile d'Elvire interdira aux chrétiens de mauger avec les- Juifs et de faire bénir par eux leurs récoltes *
L» paganisme Le plus grand ennemi du christianisme était encore, a la fin du j e "1 "^' siècle, le paganisme. La critique d'Evhémère avait donné le coup de grâce au culte de Jupiter, de Saturne, de Vénus et des autres dieux antiques ; mais l'esprit païen était vivace. On se moquait de l'Olympe et de sa mythologie ; mais l'on avait toujours dns dieux ; «t, ces dieux ne sortant pas de l'ordre naturel et ne répondant pas à d'autres besoins qu'à des besoins terrestres, c'était encore là le paganisme. L'homme d'Etat romain était toujours prêt à tout immoler au dieu de la cité ; l'artiste grec considérait toujours la beauté de l'art et de la nature comme la raison d'être de la vie humaine ; la masse allait toujours à la volupté comme à sa fin suprême et à son dieu ; et pour tous, savants et ignorants, riches et pauvres, la pierre, l'arbre, la statue étaient, malgré tout, restés les objets d'un culte superstitieux. Un lettré de cette époque, Arnobe, faisant l'histoire de sa vie avant sa conversion au christianisme, dit : « J'adorais des statues qui sortaient des forges... Si j'apercevais une pierre polie et frottée d'huile, j'y voyais une puissance divine et je l'invoquais ^. » Pendant le m^ siècle, les calamités de l'empire, le pressentiment de sa désagrégation, avaient réveillé dans les âmes, avec une anxiété profonde, un vrai besoin de méditation religieuse et de prière. Malheureusement, ce sentiment, point de départ d'une conversion au christianisme pour les uns, fut, chez beaucoup d'autres, faussé et corrompu par le paganisme et devint son auxiliaire. Il s'exprima sous trois formes différentes : le néoplatonisme, le mani^ chéisme et le culte de Mithra ou du Soleil.