I . Concile d'Elvire, canons fig-bo
a. A.nNODB, Adversus nationea, I. I, cb. xxxix.
LA LUTTE
Le néoplatonisme.
Le
Le néoplatonisme fut un essai de philosophie religieuse du paganisme, et comme sa théologie. Plotin, en échelonnant les divers degrés de l'être : l'Etre en soi, l'Intelligence, l'Esprit universel, les Ames, les Astres et les Forces de la nature, avait fourni aux esprits païens comme un nouveau panthéon ; par sa théorie de la vertu commune, de l'ascèse et de l'extase, il avait donné comme un programme de vie religieuse qui ne manquait pas d'une certaine grandeur. Mais son œuvre fut à peine pour le paganisme ce qu'avait été l'œuvre de Philon pour le judaïsme, une brillante tentative, qui n'entraîna point les âmes ^. Son plus célèbre disciple, Porphyre, ne put se signaler que par une œuvre de destruction : une critique des dogmes chrétiens, pleine de fiel 2.
Le manichéisme, qui devait, plus tard, revêtir toutes les apparences d'une hérésie chrétienne et faire de nombreux adeptes dans le manichéisme. monde romain, fut d'abord, dans l'esprit de son fondateur, dans ses dogmes et dans ses pratiques, une secte nettement païenne.
Son fondateur, Mani, dut venir au monde à Mardinu, au sud de Ctésiphon, entre les années 2i4 et 218, et fut élevé dans la secte des baptistes, à laquelle son père était agrégé. Mais plus tard, il reçut des révélations particulières et se mit, à vingt-quatre ans, à prêcher son propre système en Babylonie, en Perse, dans le Turkestan, et même dans l'Inde. Une conspiration des mages le perdit. Le roi de Perse Bahram P'" le fit saisir et décapiter vers l'an 274-275. Son système dérive de la vieille religion naturaliste babylonienne et chaldéenne, complétée par des éléments empruntés à des sectes persanes. « Son fondement est le dualisme. Il y a de toute éternité deux principes ou plutôt deux royaumes opposés, celui de la Lumière et celui des Ténèbres. La Lumière est le bien à la fois physique et moral ; les Ténèbres sont le mal. Les deux royaumes sont juxtaposés par leurs parties inférieures ^. » Un être sorti des Ténèbres, Satan, a un jour envahi la région lumineuse. Le roi de la Lumière, Dieu, le repousse à l'aide de l'Homme primitif ; mais celui-ci est fait prisonnier, et, dans les étreintes de Satan, les éléments purs se mélangent
Mani.
Sa doctrine
le
dualisme.
1. Le christianisme en utilisa les bons éléments, comme il l'avait fait pour la philosophie de Philon.
2. Méthode d'Olympe et Eusèbe de Césarée le réfutèrent. Mais leurs œuvres ne nous sont point parvf ncs. Il ne nous reste du livre de Porphyre que quelques fragments.
3i ïixERONT, Histoire des dogmes, I, 434-435,
inSTOlnE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
Sa morale.
Son culte.
Le culte de Mitbra.
Ses principaux caractères.
en lui avec les éléments ténébreux. Depuis lors, l'homme, sollicité en sens contraires par les anges et parles démons, est le théâtre et la victime d'une lutte tragique.
Comment la libération de l'homme s*accomplira-t-elle ? Par la pratique d'un ascétisme austère. Il doit mettre trois sceaux ; l'un sur sa bouche, l'autre sur ses mains et le troisième sur son cœur *, c'est-à-dire qu'il s'abstiendra de tout plaisir des sens. Le parfait ira plus loin. Il respectera la vie universelle jusqu'à ne pas cueillir un fruit ou froisser un brin d'herbe ; en compensation, il entrera, immédiatement après sa mort, dans le paradis de Lumière. Le culte était simple : il comprenait seulement des hymnes et des chants. Au mois de mars, une fête commémorative de la mort de Mani réunissait tous ses fidèles, qui venaient se prosterner devant un trône richement paré.
Tel fut le manichéisme primitif. Il répondait, d'une façon bien sommaire et arbitraire, mais singulièrement expressive, aux deux problèmes que se pose la consc'snce aux heures sombres de l'existence : l'origine du mal et la possibilité de s'en libérer. Le manichéisme gagna rapidement de nombreuses régions en Orient ; mais il ne parvint directement dans l'empire romain que vers l'an 280. L'Eglise paraît n'avoir commencé à le combattre qu'au début du IV* siècle.
Le culte de Mithra, dieu de la lumière, paraissait, au m' siècle, autrement menaçant. Depuis longtemps acclimaté à Rome 2, le milhraïsme était, dès le milieu du m* siècle, la forme la plus répandue de ce vague monothéisme qui se substituait peu à peu, dans les croyances païennes, aux fables déconsidérées de la mythologie classique. Dieu du Soleil, dieu du Feu, vivificateur et purificateur, Mithra correspondait à la fois au naturalisme des cultes primitifs et aux exigences croissantes des consciences. Pour les âmes inquiètes, pour les cœurs troublés par le remords, il avait le sacrifice du taurobole^, qui expiait tout péché et faisait naître à une nouvelle vie. Aux amateurs de merveilleux, il offrait d'étranges cérémonies, la