‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 314 sur 413 · Slgnaculum oris, maniis et sinus · texte numérisé non relu

Slgnaculum oris, maniis et sinus

a. Sous Scptime-Sévère, Julia Domna et ses lettrés avaient propagé le culte du Soleil.

3. Dans la cérémonie de taurobole, le Gdèle, couché au fond d'une fosse, recevait le sang d'un taureau, égorgé au-dessus do lui sur un plancher disjoint ou percé de trous. Il en sortait puriliô de s(!s fautes par cette aspersion, qui le faisait renaître pour l'éternité, in œlernum renatus.

LA LUTTE

série des initiations, l'attrait des mystères. Mais, tout en parlant sans cesse de renaissance, d'expiation, il n'imposait à ses fidèles ni austérités, ni renoncement, ni vertu. Les tombes des prêtres et des initiés montrent des peintures immorales, des sentences matérialistes, mêlées à des images que l'on croirait sorties d'un pinceau spiritualiste ou même chrétien. Le mithraïsme résumait plus complètement que tout autre culte l'état d'une société partagée entre la corruption païenne et un idéal meilleur. Cette exacte conformité avec la situation morale du monde antique explique sa puissance sur toutes les classes de la population romaine ^. Le culte de Mithra sembla devoir conquérir le monde méditerranéen, quand Aurélien, fils d'une prêtresse du temple du Soleil à Sirmium, résolut d'inaugurer dans Rome la religion du Sol Invictus. « Adoré dans un temple splendide par des pontifes égalés aux anciens pontifes de Rome, fêté tous les quatre ans par des jeux magnifiques, l'invincible Soleil fut élevé au rang suprême dans la hiérarchie divine et devint le protecteur spécial des empereurs et de l'empire ^. n « L'empereur espérait- il arrêter ainsi l'envahissement du christianisme? Tout porte à le croire^. » L'avenir le détrompa. Le succès du mithraïsme fut plus superficiel que profond. Son expansion s'arrêta partout où il se trouva en présence d'une doctrine religieuse nettement formulée. La Grèce, l'Egypte et la Syrie le repoussèrent, « se disant, sans doute, que, dieux pour dieux, autant valait s'en tenir à ceux des ancêtres et ne pas se compromettre avec ceux des barbares* ». Le judaïsme se montra absolument réfractaire. Quelques sectes gnostiques seulement se laissèrent séduire. Le christianisme ne fut pas entamé. Il fut défendu par la solidité de son organisation, la fermeté de son dogme et de sa morale. En vain les chrétiens entendirent-ils des prêtres du dieu nouveau leur dire : « Mithra est vraiment chrétien ^ ,> ; et un magistrat adjurer un martyr en ces termes : « Tu regardes le ciel ? Sacrifie-lui ^. )) Ils écoutèrent la voix de leurs docteurs leur disant que Dieu ne peut être adoré que sous les noms que lui ont donné Moïse,

II est patronné

par

l'empereur

Aurélien.

Son succès

relatif dans le

paganisme.

Son insuccès

complet auprès

des

chrétiens.

Page 1