‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 335 sur 413 · Saint Athana.se, Vie de saint Antoin i · texte numérisé non relu

Saint Athana.se, Vie de saint Antoin i

Hisl. géa. do l'Eglise. — I

Des sophistes

païens

attaquent le

christianisme.

Hiéroclès.

« Jupiter, l'Ami des hommes, Zeus Philios », institua des rites d'iniliatiou et de purification empruntés aux mystères des religions orientales, tenta d'organiser les prêtres païens sur le modèle des prêtres chrétiens, voulut en faire, à l'exemple de ces derniers, des prédicateui-s et des missionnaires, se fit prédicateur lui-même, envoya à tous les magistrats de l'empire une sorte d'encyclique ^. Rien ne ressuscita le paganisme expirant. Mais une pareille attitude réveilla le zèle de quelques rhéteurs païens, plus excités par la haine du nom chrétien que par l'amour de la religion nationale.

Arnobe cite un sophiste dont il ne donne pas le nom, et qui, pendant que les bourreaux versaient le sang des chrétiens, les attaquait dans ses conférences. « Apôtre éloquent de la pauvreté théorique, dit un historien, on le voyait circuler en manteau court, la crinière en désordre ; mais on savait que ses domaines s'arrondissaient sans cesse grâce à la faveur des gens en place ; que chez lui on dînait mieux qu'au palais impérial, et que d'ailleurs on n'y pratiquait aucun genre d'austérité. Il exposa au public que le rôle des philosophes est de redresser les erreurs des hommes et de leur indiquer la bonne voie, loua fort les empereurs d'avoir pris la défense de la vieille religion et entreprit vigoureusement la nouvelle, qu'il ne connaissait guère : on s'en aperçut. Le public, d'ailleurs, s'accorda à trouver que le moment était mal choisi pour ce genre d'exercices et qu'il est honteux de piétiner ainsi sur des proscrits ^. » Le peuple, qui avait respecté l'ermite Antoine, siffla le sophiste.

Un second rhéteur parut bientôt après lui. C'était Hiéroclès, ancien gouverneur de Phénicie, futur gouverneur de Bithynie, grand personnage entre tous, conseiller de l'empereur. On lui attribuait une part de responsabilité dans la première persécution de Dioclétien 3. Ce qui est certain, c'est que, dans l'exercice de ses fonctions de gouverneur, il se plaisait à condamner les vierges chrétiennes à des traitements pires pour elles que le dernier supplice. Eusèbe raconte qu'un jour, l'entendant prononcer une sentence de ce genre, un chrétien courageux, Œdesius, bondit vers le tribunal, souflleta le juge, le renversa par terre et le piétina *. Mais Hiéroclès ne se contenta pas de condamner les chrétiens aux supplices, il résolut de

I. Voir la singulière épttre impériale, communiquée à toutes lea provinces, ilau» EusÈUE, H. E., 1. IX, ch. VII, n. 3-i5.

3. DuciiESNii:, Hist. une. de l'Eylise, t. II, p. 53-54. 3. ËusÈBB, Mari. Pal., 5.

LA LUTTE 419

ruiner leurs croyances. Avec une connaissance si exacte des Ecritures, que Lactance s'est demandé s'il n'avait pas été chrétien dans sa jeunesse, il publia deux livres intitulés : Discours véridique aux chrétiens. Disciple de Celse et de Porphyre, il s'attachait à découvrir de prétendues contradictions ou de grossières naïvetés dans les saints Livres, représentait les auteurs sacrés et les apôtres comme des ignorants et des imposteurs, qui avaient exalté sans mesure les actions de leur maître. Celui-ci n'avait été, en somme, osait-il affirmer, qu'un chef de brigands palestiniens. Le comble de ses. injures était l'odieux parallèle qu'il faisait entre Jésus et Apollonius de Tyane, entre la religion chrétienne et la religion païenne. Des miracles de Jésus, peu nombreux et rapportés par des hommes incultes, ne pouvaient soutenir la comparaison, disait-il, avec les innombrables prodiges que de très savants philosophes rapportaient d'Apollonius de Tyane. Quant au christianisme, après l'avoir odieusement caricaturé et représenté comme un athéisme déguisé, il le mettait en présence d'un paganisme épuré, où toutes les beautés de la nature et toutes les grandeurs de l'homme se trouvaient affirmées et subordonnées à un Être suprême infiniment bon et grand.

On répandait en même temps les écrits de Porphyre.

La religion chrétienne trouva des défenseurs. Méthode d'Olympie, le futur martyr, et Eusèbe de Gésarée, le futur annaliste de cette époque, avaient déjà réfuté Porphyre. On répandit leurs ouvrages, tandis qu'Eusèbe et deux récents convertis du paganisme, Arnobe et Lactance, prenaient la défense du christianisme contre Hiéroclès.

Saint Méthode d'Olympie, qu'Eusèbe ne nomme pas, sans doute par prévention pour Origène, dont Méthode combattit les tendances, doit être proclamé, suivant Bardenhewer, comme le plus grand écrivain de son temps. Chacun de ses écrits témoigne de son beau talent et de sa culture classique 1. « Dans une langue brillante et savante, écrit saint Jérôme, Méthode composa les Livres contre Porphyre, le Banquet des dix vierges, un ouvrage excellent Sur la résurrection contre Origène, et beaucoup d'autres écrits qui sont en toutes les mains 2. »

L'important ouvrage, en trente livres, d'Eusèbe de Césarée contre Porphyre, dont saint Jérôme connaissait encore vingt livres, a tota-

Le Discours

véridique

aux chrétiens.

Apologistes chrétien».

Saint Méthode d'Olympie.

Eusèbe de Césarée apologiste.

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