‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 336 sur 413 · I. Bardenhewer, les Pères de l'Eglise, t. I, p · texte numérisé non relu

I. Bardenhewer, les Pères de l'Eglise, t. I, p

a. S. Jérôme, De viris, 83. Nous n'avons que des fragments des Livres contre Porphyre.

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Arnobe.

lemcnt péri ; mais nous avons encore sa mordante riposte à Hiéroclès •. Après avoir établi le vrai caractère des sources où le sophiste a puisé ses renseignements, il démontre que les aflirmations d'Iliéroclès ne reposent que sur un tissu de fables, et que les prétendus miracles d'Apollonius ne sont que de pures inventions ou que des illusions diaboliques.

Arnobe était un rhéteur païen, que les excès des persécuteurs et le courage des martyrs amenèrent à la foi chrétienne. Quand il vit les magistrats ordonner la destruction des édifices qui n'avaient abrité que des assemblées de prière et de charité et faire brûler des livres qui ne contenaient que de hautes et pures pensées, tandis qu'on laissait subsister des théâtres déshonorés par des pièces obscènes et circuler des poèmes pleins d'outrages aux bonnes mœurs, son âme généreuse se révolta *. La vue du courage des martyrs et aussi, diton, une vision mystérieuse, achevèrent sa conversion ^. Les fidèles, qui avaient été témoins de son scepticisme, se méfièrent d'abord de la sincérité de sa foi. L'ouvrage courageux qu'il publia, pendant les premières années du iv* siècle, en pleine persécution, sous le titre d'Adversus nationes, les rassura. Les païens rendaient le christianisme responsable de toutes les calamités de l'empire, parce qu'il attaquait la vieille religion nationale, par laquelle toutes les institutions romaines subsistaient. Arnobe réfute cette erreur. Il démasque les allégories et les mythes par lesquels les défenseurs du paganisme s'évertuaient à voiler les hontes de leur mythologie et à idéaliser leur vieux culte ; puis il essaie de montrer la grandeur, l'harmonie, les bienfaits de la religion de Jésus-Christ. Mais autant sa critique est sûre et vigoureuse quand il attaque la religion païenne, autant son apologétique est faible lorsqu'il veut expliquer une religion dont il n'a pas assez étudié les dogmes. Son exposé est plein d'obscurités, de confusions et d'erreurs. L'apologétique de Lactance, son disciple, converti comme lui par le spectacle des persécutions, a une tout autre valeur. Sa conversion le fit descendre de la chaire de rhéteur qu'il occupait à Nicomédie. Désormais, « il vécut pauvre, dit saiut Jérôme, jusqu'à manquer souvent du nécessaire ». Il consacra sa plume à la défense du christianisme. Son œuvre maîtresse. Les Institutions publiée en 3o8, a pour titre les Institutions divines. Elle comprend

divines,

1. Contra Ilieroclem, P. G., i. \X1I, col. 796-808. a. Armoije, Adv. nalioncs, iv, i8-36.

3, S. Jûnàun, De viris, 79.

Son livre Adversus nationes.

Lactance.

LA LUTTE

deux parties : l'une polémique, très courte, l'autre dogmatique, où il entreprend d'exposer « la substance de toute la doctrine chrétienne * ». La science théologique de Lactance, plus solide et mieux informée que celle d'Arnobe, manque parfois cependant d'exactitude et de profondeur, mais « par la beauté du style aussi bien que par l'originalité de la pensée, les deux derniers livres sont hors de pair ^ ». On l'a surnommé le Gicéron du christianisme 3.

La lutte contre le paganisme n'avait pas été la seule épreuve de l'Eglise.

En 3o6, Pierre, évêque d'Alexandrie, ayant publié un certain nombre de canons, pleins à la fois de miséricorde et de sagesse, pour régler la réintégration dans l'Eglise des chrétiens qui avaient failli*, un évêque de la Haute-Egypte, Mélèce de Lycopolis, connu par son rigorisme intransigeant, fît entendre une véhémente protestation. Les décisions de l'évêque d'Alexandrie, selon lui, étaient trop condescendantes ; elles étaient, d'ailleurs, ajoutait-il, prématurées, la question de la réhabilitation des faillis étant de celles qui ne pouvaient se régler qu'après la fin de la persécution. Peu de temps après, Pierre, ayant jugé prudent, à l'exemple de son illustre prédécesseur saint Denys le Grand, de se retirer dans une retraite inconnue des persécuteurs, Mélèce n'hésita pas à s'ingérer dans le gouvernement du diocèse d'Alexandrie, y faisant des ordinations, y remplaçant les pasteurs en fuite ou emprisonnés par des hommes de son choix. Quatre évêques, Philéas, Théodore, Hesychius et Pacôme, avaient été incarcérés pour la foi. L'entreprenant évêque de Lycopolis s'attribua le droit d'exercer le pouvoir épiscopal dans leurs diocèses. Les prélats captifs protestèrent. L'évêque d'Alexandrie excommunia l'intrus. L'emprisonnement de Pierre et son martyre, pas plus que le martyre des quatre évêques précédemment incarcérés, ne mit point fin aux intrigues du malheureux révolté. Arrêté lui-même et envoyé

Mélèce de Lycopolis.

Ses intriguôs

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