‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 346 sur 413 · DucHESNB, Hist. anc.de l'Eglise, t. II, p. iii-iia · texte numérisé non relu

DucHESNB, Hist. anc.de l'Eglise, t. II, p. iii-iia

2. Saint Optât, op. cit., 1. I, eh. xviii. Cécilien, encore diacre, avait interdit le culte des reliques de martyrs non reconnus par l'Eglise. Le texte qui nous donne ce renseignement est le plus ancien de ceux sur lesquels on puisse fonder l'existence d'une vindicatio marlyruni, analogue à nos procès de canonisation.

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UISTOIUE GKNliRALE DE L EUl.ISE

On contoste

la validité

de l'éloclion

de Mensuriiis

Un conciliabule de Cartilage

proclame

la déposition

de Cccilion

et rélectioii de

Majorin (lia de 3ia).

On reprochait à Cécilien d'avoir participé aux crimes de Mensuriiis, d'être un a tradileur ». Son ordination d'ailleurs, ajoutait-on, était nulle, comme faite par un prélat indigne, Félix d'Aptonge, « tradileur » lui-même. L'accusation n'avait aucun fondement canonique, ni en droit ni en fait. Aucune loi ecclésiastique ne déclarait invalides les sacrements conférés par un pécheur, et rien ne prouvait que Cécilien ou Félix eussent jamais livré aux persécuteurs les livres saints. Un certain Ingentius apporta bien une fausse pièce pour soutenir cette accusation, mais il fut contraint d'avouer son crime*. Le plus piquant dans cette affaire, c'est que Secundus et ses amis avaient été convaincus, en 3o5, au synode de Cirta 2, d'avoir eux-mêmes livré les saintes Ecritures, et que, dans ce même synode, ils avaient, malgré les protestations des citoyens les plus notables, sacré évêqiie de celte ville un certain Silvain, également convaincu d'avoir livré les saints livres ^. Ils ne protestaient que plus bruyamment, au no'.n du courage et de la loyauté. Parfois cependant, à bout d'argumenis prétendus juridiques, ils s'oubliaient en paroles brutales. Gomme ils s'étaient réunis, au nombre de soixante-dix, à Carthage, et avaient cité Cécilien à leur barre, l'évêque, déclinant la juridiction de ce conciliabule, leur fit répondre simplement que, s'il avait été irrégulièrement ordonné, ils n'avaient qu'à réparer eux-mêmes ce vice de forme par une consécration nouvelle. « Qu'il vienne, s'écria l'un d'eux, et au lieu de lui imposer les mains pour le consacrer, on lui cassera la tête pour pénitence *. »

Sans s'inquiéter de la légalité de leur procédé, les farouches Numides proclamèrent la déposition de Cécilien et élurent à sa place un lecteur, familier çt commensal de Lucile, Majorin. Lucile avait promis à chacun des électeurs une forte somme d'argent, qui leur fut remise aussitôt ^.

Ceci se passait à la fin de l'année 3i2 ^. Le conciliabule adressa une circulaire à toutes les Eglises d'Afrique, racontant à sa façon les

I. Dom Leclercq, l'Afrique chrétienne, I. 3a6 ; Ducubsne, II, 118. a. Hefele-Leclercq, 1, J09.

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