EusÈBE, Hist. ecclés., II, aS
et tous sont zélés pour la Loi ^. » Mais Jacques était un témoin du Ressuscité , c'en était assez pour le rendre insupportable à la secte sadducécnne. Un farouche sadducéen, Anne le jeune, fils du grand prêtre Anne, qui avait contribué plus que tout autre à la mort de Jésus, devait, sous le règne d'Agrippa II, assouvir la haine ancestrale en faisant mettre à mort, en l'an 62, le saint évêque de Jérusalem, Jacques le Mineur.
I>es épreuves inl('-rieures
de TEglise de Jérusalem.
Juifs de Palestine
et Juifs hellénistes.
L'épisode d'Ananie et de Saphire.
M Ne VOUS troublez pas, avait dit le Maître, quand on vous traînera devant les tribunaux et les synagogues - » ; mais il avait aussi prédit que l'Ennemi sèmerait l'ivraie dans le champ du père de famille, et que, du milieu du peuple, de faux prophètes surgiraient ^. Les schismes et les hérésies ne devaient pas plus être épargnés à l'Eglise que les persécutions. La communauté naissante de Jérusalem connut les uns comme les autres.
Dès la première heure, deux courants s'étaient dessinés parmi les disciples du Christ : celui des Juifs de Palestine et celui des Juifs hellénistes. On appelait de ce nom les Juifs qui, pendant la période de la dispersion, avaient adopté la langue et, en partie, les coutumes helléniques *. L'institution du diaconat fut décidée à la suite de réclamations des hellénistes, se plaignant de ce que leurs veuves étaient négligées dans le « service des tables^ ». La sourde opposition des deux partis devait rester comme une source permanente de conflits dans la communauté.
Des difficultés plus graves lui vinrent du fait de son organisation économique. Nous savons déjà que, par un mouvement naturel de charité, la plupart des premiers fidèles avaient vendu de leurs biens tout ce qu'ils pouvaient et en avaient versé le prix dans le trésor de la communauté. Au temps du Maître, les apôtres n'avaient-ils pas eu bourse commune ? On essayait simplement de continuer, dans un cercle plus agrandi, cette primitive tradition. Le christianisme s'était
I Acl., XII, ao.
a. Marc, xni, 9-1 1 .