‹ Histoire générale de l'ÉgliseChapitre 87 sur 413 · Jac, II, i4-a · texte numérisé non relu

Jac, II, i4-a

LA PREMIERE EXPANSION

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frères bien-aimés, s'écriait le vénérable pasteur, écoutez : Dieu n'at-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour les faire riches dans la foi ? Et vous, vous faites affront au pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment et qui vous traînent devant les tribunaux * ? Puis, avec un accent qui rappelait la hardiesse de langage des vieux prophètes : « A vous, maintenant, ô riches ! Hurlez sur les malheurs qui vont fondre sur vous. Vos richesses sont pourries et vos vêtements sont mangés des vers. Votre or et votre argent sont rouilles ; leur rouille témoigne contre vous ; comme un feu dévorant, elle mangera vos chairs ^. »

Le grand prêtre de Jérusalem était toujours Anne II, le fils de celui qui avait condamné Jésus-Christ. Profitant d'un moment où la charge de procurateur romain était vacante, Festus étant mort et son successeur Albinus tardant à venir «n Palestine, il fit comparaître Jacques et quelques autres chrétiens devant le sanhédrin. Suivant l'historien Josèphe, ils furent accusés d'avoir violé la loi ^, Jacques fut condamné à être lapidé. Un passage de l'Histoire ecclésiastique d'Hégésippe, rapporté par Eusèhe *, nous a laissé, de son martyre, un récit simple et dramatique à la fois, où, sous quelques détails apocryphes, les critiques les plus exigeants reconnaissent un fond de vérité historique. En face de toutes les menaces, le saint vieillard, qui avait, dit-on, quatre-vingt-seize ans, se contentait de répéter que Jésus est vraiment le Fils de Dieu vivant. Les scribes et les pharisiens, furieux de cette attitude, le firent précipiter du haut du pinacle du temple, où ils l'avaient engagé à monter, afin que sa voix fût entendue de tout le peuple. Comme il ne mourut pas de sa chute, ils vinrent l'achever à coups de pierres. « Seigneur, s'écriait le Juste, répétant les paroles de son maître, pardonnezleur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Un foulon l'acheva en lui brisant la tête avec le bâton qui lui servait pour préparer ses étoffes.

Les enseignements de l'évêque martyr n'en devenaient que plus vénérables pour les chrétiens, qui lisaient son épître dans leurs

Son arrestation.

Son martyre (6a).

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