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Gaston Boissigr, la Religi

LA PREMIERE EXPANSION

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publiques et secrètes des nouveaux cultes, infestées de magie et d'immoralité, ne peuvent inspirer aux masses populaires que des idées religieuses très basses, ce grand Tout Infini, auquel les esprits élevés s'arrêtent, et où le mal et la laideur ont une place aussi essentielle que le bien et la beauté, ne peut leur suggérer l'idée d'une vraie vie morale et surnaturelle. Bref, en dépit de ressemblances extérieures qu'on a beau classer et rassembler avec soin i, l'âme de ce monde païen apparaît comme essentiellement opposée à l'esprit de l'Evangile. C'est pourquoi celui-ci n'hésitera pas à se poser, consciemment et ouvertement, comme l'ennemi de tous ces cultes ; il en attribuera l'inspiration au diable, et ne cachera pas son intention de les combattre partout, comme on combat un ennemi mortel.

En somme,

ils sont

les pires

ennemis de

l'esprit

chrétien.

Un ingénieux écrivain a imaginé un dialogue entre l'apôtre Pierre, L'apôtre arrivant à Rome, pauvre et mal vêtu, et un de ces Romains oisifs et , lerre chercheurs de nouvelles, comme il s'en rencontrait tant alors. Le pêcheur galiléen avoue qu'il n'a ni or ni argent, qu'il a passé une bonne partie de sa vie à pêcher des poissons dans un lac de son pays et à raccommoder ses filets pour gagner son pain ; qu'il vient maintenant prêcher un Dieu, mort du dernier supplice, sur une croix, entre deux voleurs ; qu'il a l'intention de substituer le culte de ce Dieu à celui des démons et de le répandre par toute la terre. Le Romain hausse les épaules et passe son chemin, en murmurant : « Pauvre fou ^ ! » La manière dont Tacite et Suétone parlent des chrétiens, le dédain que ceux-ci leur inspirent, donnent de la vraisemblance à un pareil dialogue ^.

Les vieilles traditions rapportent que Pierre vint à Rome, vers Son premier l'an 42, aussitôt après sa délivrance miraculeuse. Ces traditions ^°y*S® \^'-^ )• paraissent vraisemblables. Un certain nombre de sarcophages romains

1. Sur cette tactique et ces prétentions, voir Bernard Allô, l'Evangile en face du syncrétisme païen, i vol. in-ia, Paris, 1910. Nous avons beaucoup emprunte, dans l'exposé que nous faisons ci-dessus, à cet excellent ouvrage. On trouvera, sur l'état moral et religieux du monde gréco-romain, de précieux renseignements dans Hergenrôther-Kirsch, iiCirc/iengesc/iic/iie, t. I, p. i, c. i. Cf. Dôllinger, Heidentum und Judentum. Vorhalle zur Gesch. des Christentums. Regensburg, 1857.

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