I Cor., XI, 17 ot
LA PREMIERE EXPANSION
saint baiser de paix et de chanté *. Le lieu de réunion n'était plus, comme naguère, la synagogue, mais la demeure de quelqu'un des frères, laquelle devenait à la fois « un sanctuaire, animé par le Dieu de l'Eucharistie, un tribunal où tout différend s'accordait -, un centre de société si bienfaisant, si aimable, qu'en être excommunié paraissait le plus redoutable châtiment. L'action de grâces était sur toutes les lèvres ; partout se trouvait un charme de vertu, une sérénité de joie incomparable ^ ». La parole émue des païens à la vue de telles fraternités en était la juste louange et en expliquait bien l'attrait : « Voyez comme ils s'aiment * ! » s'écrialent-ils.
Athènes seule devait résister presque complètement à la parole de l'apôtre et à la grâce de Dieu. Depuis la perte de son indépendance, depuis que la Grèce, devenue province romaine en 1^6 sous le nom d'Achaïe, avait Gorinthe pour capitale, Athènes n'était plus qu'une ville d'écoles, comme le sont de nos jours Cambridge et Oxford. On n'y voyait que professeurs, philosophes, rhéteurs appliqués à instruire la jeunesse. Gomme au temps de Démosthènes, le lieu le plus fréquenté de la ville était toujours l'Agora. Les représentants des deux philosophies qui avaient alors le plus de vogue, l'épicurisme et le stoïcisme, s'y réunissaient d'habitude pour y discuter sur des questions de morale. Paul s'y présente, et dès les premiers mots de son discours, élève les pensées de ses auditeurs vers l'idée de la Divinité, de sa grandeur, du culte que l'homme doit lui rendre. La parole de cet étranger, grave, pathétique, convaincue, pique au vif la curiosité, mais elle éveille dans l'âme de ceux qui l'écouleut des impressions diverses. Les disciples d'Epicure, voyant qu'il s'agit d'une question religieuse, murmurent : « C'est un vain discoureur. » Les fidèles du Portique, moins dédaigneux, s'imaginent qu'on leur propose une nouvelle divinité. Finalement la curiosité l'emporte sur le scepticisme railleur. Pour mieux entendre la doctrine de l'étranger, on l'invite à monter à l'Aréopage, loin du tumulte de l'Agora. Là, en face de ce que l'hellénisme a recueilli de plus beau au point de vue de l'art et de plus glorieux au point de vue du passé, Paul improvise le discours admirable que nous a conservé le livre des •Actes. « Hommes d'Athènes, je constate qu'à tous égards, vous êtes