Paul Allard, Hist. des pers., t. I, p. 18-aa
IIO
HlSTOmE GÉNÉRALE DE l'kOLISE
Saint Paul en Europe.
Le christianisme à Philippes, à Thessalonique.àBérée, à CorinLhe.
Le « repas
du Seigneur ».
apôtres évangélisait de nouveau l'Orient, Paul abordait en Europe.
Vers l'an 5i, pendant que l'apôtre des Gentils, à Troas, hésitait sur la voie qu'il devait suivre, il vit en rêve un Macédonien, debout près de lui, qui l'invitait et lui disait : (» Viens à notre aide. » L'apôtre comprit que Dieu lui commandait de se diriger vers l'Europe. Il se décida à franchir la mer, accompagné d'un personnage qui apparaît pour la première fois dans la narration et qui sera l'anualisle de la nouvelle campagne apostolique. C'est Luc, un gentil, originaire d'Antioche, médecin de profession, d'une culture intellectuelle dont son récit témoignera. « Avec Luc, le génie, grec pénétrera l'œuvre de Paul ; il y apportera des dons inconnus à l'Orient et qui abondent aux belles rives vers lesquelles se dirigent les apôtres : l'harmonie, la grâce, les clartés sereines *. »
La troupe apostolique aborda successivement à Philippes, à Thessalonique, à Bérée, à Athènes et à Corinthe. Dans toutes ces villes, lières de leurs grands souvenirs historiques, mais peuplées d'âmes affamées de \érilé religieuse, la parole des missionnaires fut écoutée avec avidité. Des conversions merveilleuses se produisirent dans toutes les classes. A Philippes, à Thessalonique, à Bérée, à Corinthe, des commuuaulés chrétiennes s'organisèrent. Les dons surnaturels, prophétie, don des langues, s'y manifestèrent avec une extraordinaire abondance. Le u repas du Seigneur » ou l'Eucharistie y devint, comme à Jérusalem et à Antioche, le centre du culte. Le soir, après le coucher du soleil, à la lueur de nombreuses lampes ^, les fidèles s'assemblaient dans la haute salle qui formait communément le dernier étage des maisons. Comme dans le milieu juif, la liturgie commençait par un souper auquel on donnait le nom de repas de charité ou agape.
Les Grecs, en particulier les Corinthiens, introduisirent malheureusement dans ce repas l'usage des associations grecques, qui voulait que chaque membre mangeât aux repas de corps ce qu'il y avait apporté. De là naquirent de fâcheux abus,- contre lesquels saint Paul dut protester avec force ^ et qui hâtèrent le moment où l'agape fut séparée de l'Eucharistie, pour disparaître ensuite peu à peu du culte chrétien. Le souper fraternel achevé, les convives se saluaient d'un