I. — TISSUS A CHAINE
Une fois les fils obtenus, le tissage a pour but Je les entrecroiser de manière à constituer une étoffe capable d'être utilisée pour la confection des vêtements, pour l'ameublement et autres usages multiples. Cet entre-croisement des fils s'opère de deux façons très distinctes et très différentes. De là la nécessité de diviser les tissus en deux classes : les tissus à chaîne et les tissus à maille.
Procédés du tissage. — Le tissage est d'une antiquité très reculée, et l'histoire ne possède aucun document sur sa découverte. Il est cependant probable que les peuples barbares utilisent encore actuellement les procédés primitifs des anciens. Et cependant, malgré la simplicité de ces procédés, ils obtiennent des étoffes merveilleuses, et comparables par leur finesse à ce que nous fabriquons avec nos machines les plus perfectionnées.
L'appareil le plus simple pour le tissage consiste en quatre piquets solidement plantés en terre, réunis par le sommet au moyen de deux traverses de bois. Ces deux traverses supportent un grand nombre de fils parallèles, qui constituent la chaîne. Il s'agit maintenant de passer des fils à travers la chaîne, dans le sens perpendiculaire aux fils et alternativement au-dessus etau-dessous de chacun d'eux. On y arrive au moyen d'un bâton, nommé battant, qui écarte les fils de la chaîne dans le sens voulu et laisse les espaces nécessaires pour l'introduction des
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TISSAGE
fils de la trame. Le battant sert à repousser les fils de la trame et à les serrer parallèlement les uns contre les autres.
Cette machine reçut bientôt quelques perfectionnements très simples. Au lieu d'introduire péniblement les fils de la trame avec la main, on se servit de la navette, sorte de petit bateau contenant une bobine sur laquelle le fil est enroulé. Un autre perfectionnement consista à soulever alternativement les fils pairs et les fils impairs de la chaîne, de manière à laisser passer la navette à l'aller et au retour; on obtint ce résultat à l'aide de ficelles à boucles, les lisses, tirées en haut et en bas au moyen de tringles de bois horizontales, les lames. Le battant fut remplacé par un cadre mobile oscillant. Deux cylindres permirent enfin d'enrouler d'un côté l'étoffe terminée, et, de l'autre, d'allonger indéfiniment la chaîne. Ces cylindres se nomment emouples. Telle est la machine encore employée actuellement par les tisserands des campagnes et dont se servaient, il y a des milliers d'années, les Indiens, les Assyriens, les Phéniciens, les Egyptiens pour obtenir leurs admirables tissus.