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électrique de M. Hermite. On augmente encore la blancheur par un azurage au carmin d'indigo dans une dissolution faible de savon, ou par un lavage dans une dissolution alcaline de rocou, ce qui lui communique un léger reflet bleu ou rougeàtre.

Le traitement des soies communes diffère notablement. On plonge dans une dissolution faible et tiède d'eau régale, puis on lave à l'eau; on passe alors au soufrage. On lave enfin dans de l'eau de savon et dans l'eau bouillante. Plusieurs traitements semblables et successifs donnent à la soie une grande blancheur.

Enfin, pour les soies très légères, destinées à la fabrication des dentelles et des gazes, il est impossible de les décreuser, car elles perdraient trop de poids et de résistance. On se contente de les soufrer et de les azurer.

4° Statistique de la soie. — La production de la soie est évaluée à 40 millions de kilos par an pour toute la terre, représentant une valeur d'un milliard et demi. L'Asie en produit la moitié et l'Europe l'autre moitié, la production des autres parties du monde étant très faible.

La Chine, le Japon et l'Italie viennent en tête ; puis, ce sont le Portugal et l'Espagne, la France, le centre de l'Europe, la Turquie et l'Asie Mineure. l'Inde, etc. Les cocons chinois et japonais sont de qualité inférieure aux cocons perfectionnés de l'Europe.

Si la France occupe un faible rang pour la production des cocons, elle tient en revanche la tête pour le tissage des étoffes de soie.

France. — ■ L'industrie de la soie ne date en France que du XV e siècle, époque à laquelle elle fut introduite à Tours, à Nimes, à Lyon, par des ouvriers expulsés d'Italie par les événements politiques. La nouvelle industrie fut assez peu florissante jusqu'au commencement du xvu e siècle, car la France ne possédait pas encore les mûriers nécessaires pour l'élevage des vers. C'est un illustre agronome, Olivier de Serres, qui parvint ù acclimater ces arbres précieux dans la vallée du Rhône. Un valet de chambre du roi, Barthélémy de Laffémas, reçut à la

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même époque des titres de noblesse pour avoir publié un livre sur la culture du mûrier.

A la veille de la Révolution, la France ne produisait que 6 millions de kilogrammes de cocons. Ce chiffre diminua encore beaucoup pendant les années suivantes et ne commença à se relever qu'en 1820. En 1853, il était de 26 millions de kilos, chiffre maximum obfenu en ce siècle. En quelques années, p J l'effet des terribles maladies qui dévastèrent les magnaneries de l'Europe, la production était réduite à presque rien. De 1854 à 1866, la France éprouvait de ce chef une perte de 800 millions de francs. Elle était obligée de faire venir à grands frais de l'Italie, de l'Egypte, de la Turquie, de la Syrie, de la Perse, du golfe de Bengale, de la Chine et du Japon, l'excédent considérable de soie demandé par ses filatures et ses tissages. Le bombyx du mûrier donne la plus belle soie du monde; mais, pour suppléer à ce qui manque par suite de la maladie, il à été fait de nombreuses tentatives pour naturaliser en France quelques espèces étrangères. Le bombyx de l'ailante, originaire du Japon, s'est très bien acclimaté. L'ailante croît facilement en France, en Lorraine, en Champagne, même sur les boulevards de Paris. En 1889, M. Arnal a fait également des tentatives heureuses avec le mûrier du Tonkin qui nourrit une race de vers dite polywltine, capable de donner cinq à six récoltes pendant un seul été. En définitive, tous ces essais ne sont pas encore entrés dans le domaine de la pratique.

L'élevage des vers à soie, qui exige une température assez élevée et la possibilité de cultiver dans la région le mûrier blanc, ne se pratique en France que dans une région très restreinte, dans la vallée du Rhône, au-dessous de Lyon. L'Ardèche, le Gard, la Drôme et le Vaucluse constituent un grand centre de production et de filature de la soie en France. La population des Cévennes, si enrichie jadis par la soie, s'est bien appauvrie depuis l'épidémie du milieu de ce siècle. On peut évaluer à quinze cents le nombre des établissements où se préparent les soies grèges, donnant du travail à 50 000 femmes. Les filateursmouliniers de l'Ardèche, de la Drôme, de Vaucluse consti-

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tuent une phalange sans rivale pour la fabrication des organsins d'élite pour satins, peluches, etc. Paris et Nîmes ont surtout la spécialité de la filature des soies à coudre, à broder, pour passementerie, etc.

L'Angleterre, la Belgique, la Suisse. l'Allemagne, ne peuvent songer à l'élevage des vers à soie à cause de leur climat. L'Angleterre et la Suisse possèdent cependant quelques filatures pour la bourre de soie.

Italie, Espagne et Portugal. — Ces pays ont un climat très propice pour l'élevage des vers à soie. En Italie, il convient de citer en première ligne la Lombardie et la Vénétie, particulièrement privilégiées par leur climat, Avec le Piémont, ces trois provinces produisent des organsins supérieurs pour la fabrication des velours. Les États-Romains, les Marches, la Toscane, la Calabre donnent des soies grèges de première qualité. Fossombrone, dans les .Marches, est le marché des plus belles soies d'Italie. Naples et la Sicile ne produisent rien. Autriche-Hongrie. — On élève le ver à soie un peu partout en Autriche, dans la Carinthie, la Bohème, la Silésie, la Hongrie, mais surtout dans les provinces méridionales. Les soies du Tyrol et de la Dalmatie sont de qualité supérieure. La Hongrie a fait beaucoup de progrès depuis quelques années : la culture du mûrier y réussit très favorablement.

Orient. —La Turquie d'Europeetcelled'Asie, la Grèce, la Perse et tous les pays limitrophes produisent beaucoup de soie. Les conditions climatériques y sont excellentes.

Le ver à soie existe depuis une très haute antiquité en Grèce, puisque Pline et Aristote mentionnent son élevage dans l'île de Cos. Ces vers pullulent encore dans cette île à l'état sauvage. Patras et Calamata sont les centres principaux actuels de production.

La Turquie d'Europe et la Turquie d'Asie élèvent considérablement de versa soie. On rencontre sur les bords de la mer Noire, aussi bien sur les côtes d'Europe que sur celles d'Asie, de véritables forêts de mûriers. Les plus beaux cocons viennent des provinces d'Europe, de Monastir, de Tirnova, de Salonique, de Constan-

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tinople, mais les centres les plus importants de production sont les provinces de Brousse, de Smyrne et d'Andrinople. Brousse exporte à elle seule chaque année pour une valeur de 100 millions de francs de soies. Citons encore Scutari, Volo, Trébizonde, Erzéroum, Tripoli et les îles d'Imbro, de Chio, de Candie, de Chypre, etc.

La Boumanie produit de remarquables variétés de soie. En Bussie, on élève beaucoup de vers à soie depuis le commencement du xviu e siècle dans les provinces asiatiques de Tauride et de Trauscaucasie.

Signalons enfin les soies de la Perse, dont la qualité est môme supérieure aux soies françaises.

Extrême-Orient. — L'Inde, la Chine et le Japon sont de grands producteurs de la soie. Il faut aussi y joindre la Cochinchine qui commence à en fournir beaucoup, grâce aux efforts de M. Arnal, qui a introduit à Haïphong des vers originaires de France. La maladie ayant épargné jusqu'ici le Japon, c'est ce pays qui fournit des graines, c'est-à-dire des œufs, aux autres pays moins favorisés. La soie de Chine, mal préparée, est de qualité médiocre. Le ver chinois est cependant de même race que celui du Japon, mais les Japonais sont plus industrieux et moins rebelles au progrès que les Chinois.

Outre le ver à soie se nourrissant de la feuille du mûrier, dont la race s'est partout développée, l'Extrême-Orient utilise encore plusieurs espèces de vers à soie qui, introduits eu Europe, pourraient rendre de très grands services. Letir soie est de qualité inférieure, il est vrai, mais elle pourrait servir au tissage d'étoffes saines et à bon marché. Il y a là un brillant avenir pour une nation décidée à sortir de la routine si fatale à l'industrie, car ces nouvelles espèces s'acclimatent fort bien en Europe. Citons d'abord le Bombyx cynthia, ou ver de l'ailante ou faux vernis du Japon, arbre aujourd'hui naturalisé en France à la suite des travaux du naturaliste Guérin-Méneville. Cet arbre pousse très bien dans les plus mauvais terrains du centre de la France et peut devenir une grande ressource pour les pays pauvres. Il a été utilisé pour le reboisement de la Provence, de

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l'Algérie, de la Sologne et de la Champagne. Le ver à soie qu'il nourrit vit en plein air.

Le ver à soie du chêne, originaire de la Chine et du Japon, a été naturalisé dans l'Inde et dans l'Amérique du Nord. Son cocon est très volumineux et pèse trois fois plus que le cocon du ver du mûrier. Dans l'Inde, on se sert de cette soie, dite ùtssah, pour tisser des foulards d'une extrême solidité. Citons encore le bombyx de l'épine-vinette, originaire de l'Himalaya, et le bombyx du ricin, nommé arrindy. également originaire de Dinagepore et de Rungepore, dans l'Inde. Le lil du bombyx du ricin est malheureusement trop peu résistant pour être filé; mais traité comme le coton, c'est-à-dire la bourre de soie, il fournit des tissus excellents.

Afrique. — L'Algérie et la Tunisie produisaient jadis de beaux tissusde soie ; ceux de Gabès furent célèbres du x" au xvi° siècle. Actuellement ces pays n'en produisent plus. L'élève des vers à soie réussirait certainement dans le Tell.

Le ver à soie s'élèverait aussi facilement à Madagascar ; il y existe une espèce indigène qui n'exige aucun frais d'élevage. Les habitants du pays utilisent cette soie pour tisser deux espèces d'étoffes : le lamba, qui sert à confectionner des vêtements, et les rabannes, utilisés dans la fabrication des sacs pour l'exportation des denrées coloniales, desquels on fait encore des rideaux ou des vêtements.

Signalons aussi à Madagascar l'existence d'une araignée, Yhalabe, servant pour l'alimentation des indigènes; elle tisse une toile susceptible d'être utilisée dans la confection des étoffes, ainsi que l'a montré Bon, de Montpellier, dès les premières années du xvn° siècle.

Amérique. — La sériciculture, malgré le grand nombre des tissages de soie, est encore fort peu développée aux États-Unis. L'élevage ne se fait que sur une petite échelle dans la Louisiane, la Pensylvanie, la Californie, le Missouri et l'Alabama. Des essais de sériciculture ont été tentés avec succès dans le Kansas par un Français.

Les bombyx polyphème et lima, originaires de l'Amérique

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Septentrionale, qui donnent une soie brillante et solide se nourrissent de feuilles de saule, d'osier, d'aubépine ou de prunellier. La Nephyla plumipes estime araignée de la Caroline qui fournit une soie utilisable.

La sériciculture commence à se développer dans l'Amérique Centrale et dans l'Amérique du Sud, principalement au Venezuela, dans l'Equateur, au Chili, au Pérou et dans la Confédération Argentine. On y élève les bombyx du mûrier, de l'allante, du ricin, et aussi une espèce indigène analogue à celle qui donne la soie tussah de l'Inde. Cette espèce, très abondante au nord du Brésil, dans les provinces de Piahuy, se nourrit de feuilles de ricin et de celles de YAnacardium occidentale, très commun dans le pays. Le cocon de ce ver ressemble à un petit nid. Le fil est grossier, mais très résistant. Le ver ne peut être acclimaté en Europe, car un froid de 10 degrés le tue.

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