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puis à Calais, apportant ces métiers pièces par pièces, car le gouvernement anglais punissait très sévèrement ceux qui exportaient les machines à tulle. Ce ne fut qu'à partir de 1823 que les mécaniciens français réussirent à fabriquer eux-mêmes les métiers à tulle.

Jusqu'en 1823, on ne put fabriquer que des tulles unis; mais, à cette époque, les Anglais réussirent à tisser sur la trame du tulle de petites mouches, dites point d'esprit. Ce nouveau genre eut aussitôt un grand succès. Enfin, en 1842, on appliqua à Calais le système Jacquard au métier à tulle. On put dès lors fabriquer le tulle brodé, à dessins variés, imitant scrupuleusement les dentelles les plus diverses.

En définitive, la différence essentielle qui existe entre les dentelles et les tulles est celle-ci : dans les dentelles, les fils, liés par un enchevêtrement spécial et compliqué, se dévident en fragments ; dans les tulles, les fils, liés par des ligatures régulières, se dévident en un seul fil.

On peut estimer actuellement à plus de 130 millions de francs la valeur annuelle des tulles fabriqués en France, dont §0 millions pour l'exportation. Les principaux centres de fabrication sont Calais, qui constitue, avec Nottingham (en Angleterre), l'un des premiers centres de fabrication du inonde ; Caudry, qui a supplanté Saint-Quentin; Lille et Lyon. Lyon fabriqua les premiers tulles de soie dès 1823. On peut estimer à 100 000 le nombre des ouvriers que l'industrie des tulles occupe dans les seules localités de Calais, Caudry près Cambrai, Lille et Saint-Quentin. Bruxelles, en Belgique, fabrique aussi de grandes quantités de tulles.

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