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III. - BRODERIES

L'art de la broderie existe depuis la plus haute antiquité, car on le retrouve déjà, et dès lors très perfectionné, chez les Babyloniens, les Grecs et les Bomains. Pendant le moyen âge, en Europe, les broderies ne furent guère employées que comme ornements d'église. Plus tard, nous les trouvons en grand honneur à Gènes, à Venise, à Milan, en Italie, en Saxe et

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en Belgique. On brodait avec des fils de laine, d'or, d'argent, de soie sur le drap ou les tissus de soie. La Saxe inventa la broderie blanche sur mousseline, et ce pays en conserva longtemps le monopole exclusif. Ce ne fut qu'au xvm° siècle que ce genre particulier de broderie fit son apparition successivement en France, en Angleterre, en Suisse, etc.

Les broderies ne se faisaient autrefois qu'à la main. Un premier progrès fut réalisé au milieu du xvm c siècle par l'introduction en Europe du tambour employé par les Chinois. La broderie mécanique ne date que du commencement de ce siècle. Le premier métier véritablement pratique fut inventé en 1829 par l'Alsacien Josué Heilmann. Auparavant quelques tentatives avaient été faites, mais elles n'eurent pas de succès, témoin celle de Thimonier, d'Amplepuis, en 182a. La machine d'Heilmann, à quelques légères modifications près, est encore actuellement en usage. Elle consiste essentiellement en une étoffe tendue, sur laquelle la broderie se produit au moyen de pinces qui s'ouvrent et se ferment pour se saisir des aiguilles à fil, comme le feraient les doigts de l'ouvrière. Chaque métier contient au moins 250 aiguilles. Quant au mouvement, il est communiqué par un pantographe que l'ouvrière promène sur un modèle.

On distingue dans le commerce trois genres de broderies : la broderie blanche, pour lingerie et ameublement, faite avec du fil de coton sur tulle, batiste, mousseline, en général sur un tissu blanc; la broderie de fantaisie ou de couleur, exécutée sur étoffes teintes, avec des fils teints, de soie, de laine, même d'or ou d'argent; la broderie de tapisserie, faite avec de la laine ou de la soie sur canevas pour la fabrication des bonnets grecs, des bretelles, des pantoufles, des tapisseries pour chaises,' fauteuils, tabourets.

« La broderie, écrivait M. Rondelet en 1867, ressemble beaucoup à l'art proprement dit, à la peinture, à la sculpture, à l'architecture. Voyez à l'œuvre une habile ouvrière brodeuse : ses doigts s'agitent impatients, sa figure s'illumine de l'on ne sait quel sentiment du beau ; elle s'avance, se recule, comme un

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