POURPRE ANTIQUE
La pourpre antique est extraite d'une matière granuleuse et incolore retirée de deux mollusques gastéropodes vivant
surtout dans la Méditerranée, le Murex brandariset le Purpura lapillus. Cette matière, sécrétée par un organe situé entre l'intestin et la branchie, à la partie inférieure du manteau, devient successivement, sous l'action de la lumière, d'abord jaune, puis verte, bleue et enfin violette. On peut aussi obtenir des nuances allant du violet au rouge pur et à l'écarlate.
La pourpre antique était déjà connue des Égyptiens, des Perses, des Indiens, des Hébreux du temps de Moïse Elle fut surtout l'objet d'une très grande industrie à Tyr et à Sidon en Phénicie.
On trouve encore à notre époque, sur ce littoral de l'Asie d'énormes amas de coquilles ayant servi à la préparation de ces matières colorantes. On se servait de la pourpre pour teindre la lame en violet et en écarlate. Le violet, d'un prix modéré était obtenu avec le Murex ou buccin; l'écarlate, d'un prix très élevé, était préparé avec le Purpura ou pourpre. La teinture était très belle et très solide.
Sur les côtes de la Bretagne, on se .sert du Purpura lapillus pour marquer le linge.
COCHENILLES
Il existe plusieurs variétés de cochenilles: la cochenille vraie du nopal, celle du chêne ou kermès, celle de Pologne et enfin la gomme-gutte.
Cochenille du nopal. - C'est le corps desséché de la femelle d'un insecte du genre coccus, vivant sur le nopal et plusieurs autres espèces de cactus. On en élève au Mexique, dans l'Amérique Centrale, dans la République Argentine (toute l'Amérique du Sud est d'ailleurs favorable à la culture du nopal), en Algérie aux îles Canaries et au cap de Bonne-Espérance, à Java. Deux fois par an, on recueille les insectes, on les plonge dans de l'eau bouillante et on les fait dessécher dans un four. On compte U0 000 insectes environ par kilogramme de-cochenille.
Il existe plusieurs variétés d'insectes: la variété grise ou mestèque, qui donne une poudre rouge peu foncée; la variété noire ou zacatille, donnant une poudre cramoisie; enfin la variété
COULEURS D'ORIGINE VÉGÉTALE. m-95
rougeâtre ou sylvestre, la moins recherchée, qui fournit une poudre d'un rouge vineux.
La cochenille sert à fabriquer le carmin, la couleur rouge par excellence, mais d'une faible solidité. Le carmin est employé dans la peinture en miniature, à l'aquarelle, et aussi pour colorer les bonbons et les fleurs artificielles. Sa laque est utilisée pour l'impression des tissus, des papiers peints et par les peintres en bâtiment. Le carmin mélangé avec de la craie est employé comme fard.
Cochenille du chêne ou kermès. — On l'appelle aussi graine d'écarlate. Cet insecte vit sur le chêne vert. On le recueille dans tout le Levant, les îles de l'Archipel Grec, en Provence, en Espagne et en Italie. L'insecte, tué par l'action des vapeurs de vinaigre, est desséché au soleil sur une toile. Son carmin est moins brillant que celui de la cochenille nopal, mais il est plus durable. Les Orientaux l'utilisent pour teindre leurs fez.
Kermès de Pologne. — Ce sont des insectes qui vivent sur les racines des scléranthes. On les fait bouillir avec de la bière aigrie. Les habitants de la Pologne et de l'Ukraine s'en servent pour teindre la laine, la soie, la crinière et la queue des chevaux. Les femmes turques les utilisent aussi pour teindre leurs ongles.
Gomme laque. — Nous avons déjà parlé de cette matière dans un autre chapitre, à propos des matière résineuses.
La gomme est purifiée par fusion et filtrage à travers une toile. Traitée par l'eau de soude et l'alun, ce qui la rend encore plus pure, elle est livrée au commerce sous le nom de lac-la/ce ou lac-dye. La plus pure vient de Calcutta. Elle est employée en teinture, pour la fabrication des vernis et de la cire à cacheter.