HI ~ 128 HABILLEMENT ET ACCESSOIRES
à la fin du xvn° siècle. L'Italie excella d'ailleurs de bonne heure dans la fabrication des fleurs artificielles. Bologne était renommée au commencement du xvuf siècle pour ses fleurs aux pétales d'argent, aux étamines, aux pistils et aux feuilles de vermeil. Venise fabriquait aussi des bouquets de fleurs d'argent pour les mariages.
Les peuples modernes utilisèrent d'abord les fleurs artificielles pour la décoration des appartements et surtout des églises. Ce n'est que depuis le commencement de ce siècle que leur usage se répandit généralement pour l'ornementation de la toilette des femmes. Trop grosses d'abord, elles étaient trop lourdes à porter ; il fallut les rendre petites et mignonnes.
La fabrication des fleurs commença en France à Lyon. Comme en Italie et en Espagne, elles étaient faites par des religieuses dans les couvents. Cette industrie se transporta ensuite à Paris' devenu depuis l'un des plus grands centres de fabrication dû monde entier.
« Jusqu'en 1823, chaque fabricant devait faire tout dans son atelier : outils, teintures, apprêts, monture et tous les genres de fleurs. Mais, à partir de cette époque, chaque branche de la fabrication est devenue l'objet d'une industrie particulière. Il y a peu d'industries où la division du travail ait donné, en aussi peu de temps, des résultats aussi complets. On est parvenu à un tel degré de perfection qu'il est parfois impossible de distinguer les fleurs artificielles des fleurs naturelles. Mais, pour en arriver là, qu'il a coûté d'ingénieux travaux ! Combien il a fallu d'essais, de recherches variées, de patientes études 'Pas un détail de fabrication qui n'ait été maintes et maintes fois perfectionné ; pas un organe de fleur qui n'ait été scrupuleusement observé et reproduit. On a été jusqu'à créer des étoffes nouvelles pour les divers feuillages, pour les bruyères, etc ; on a fondu et gravé, pour chaque feuillage, un outil spécial' et !l nest pas jusqu'au papier que l'on ne fabrique particulièrement, selon l'emploi auquel il est réservé. »
Paris excelle pour la fabrication des fleurs artificielles, dont la production annuelle est d'au moins 24 millions de francs.