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ENCRES

on apporta moins de soins à sa fabrication, sauf chez les grands imprimeurs qui préparaient eux-mêmes leurs encres. L'huile, imparfaitement siccative, jaunissait les contours des mots.

Aujourd'hui l'encre est devenue Lien meilleure, grâce surtout aux recherches des Anglais, qui ont amélioré leurs encres poulies impressions des publications illustrées. Il faut citer surtout le nom de M. Delarue comme l'un de ceux qui ont le plus contribué à ce progrès. Le broyage des couleurs se fait mieux, grâce aux procédés mécaniques; les noirs de fumée sont plus épurés; on a substitué l'huile de noix à l'huile de lin qui est moins siccative.

Il existe un grand nombre de procédés pour la préparation des encres noires typographiques. L'huile de noix ou celle de lin, bien clarifiée par un repos de deux ans, est d'abord traitée par l'acide sulfnrique, puis lavée à l'eau, ce qui la purifie. On l'épaissit ensuite en la faisant bouillir jusqu'à dégagement de vapeurs inflammables. On y ajoute ensuite, suivant les circonstances, du noir de fumée, delà poix, de la colophane, de l'arcanson, des baumes du Pérou ou du Canada, etc. Le tout est finement mélangé et broyé au moyen de la meule. Le noir de fumée est très délicat à préparer. Celte fabrication est devenue une industrie spéciale depuis le commencement du xix° siècle.

Typochromie. — Dès l'origine, on a typographie au moyen d'encres colorées et l'Allemagne est la patrie de la typochromie. En 1437, Faust et Scha'ffer publièrent un Psautier où se trouve un B majuscule, rouge et bleu. Albert Durer est considéré comme le créateur de la véritable typochromie. Puis cet art tomba complètement dans l'oubli pendant des siècles, et il faut arriver à l'année 1822 pour le voir renaître eu Angleterre à la suite des travaux de William Salvage et de Congrève.

Des machines spéciales permettent de tirer des gravures avec plusieurs encres de couleurs différentes. Ces couleurs sont d'une grande vivacité, et peuvent être lissées et glacées aussitôt après l'impression. C'est ainsi que les journaux obtiennent typographique ment des gravures coloriées. La machine a autant de cylin-

HP

TYPOGRAPHIE

dres et de clichés spéciaux qu'il y a de couleurs différentes.

La typochromie ne peut encore atteindre la perfection de la lithochromie.

Impressions ornementales et en relief pour gaufrage. — La dorure s'obtenait jadis en typographie au moyen d'une encre spéciale, formée de vernis et de poudre d'or. Ce procédé donnait une dorure terne. En 1816, un imprimeur de Londres, M. Whittaker, imagina un procédé qui conservait à l'or tout son éclat. Les caractères d'imprimerie étaient chauffés, puis on y appliquait des feuilles épaisses d'or. Il ne restait plus qu'à presser ces caractères sur une feuille de papier préalablement enduite d'une couche d'un mélange de blanc d'œuf et de résine.

Un autre procédé consiste à imprimer avec une encre spéciale, composée uniquement de vernis. Sur la feuille de papier imprimée on étend de la poudre d'or qui n'adhère que sur les portions recouvertes de vernis. Il reste à polir et à satiner pour donner à l'or son éclat.

Quant aux impressions colorées en relief pour le gaufrage, on opère comme il suit : après avoir dessiné sur métal ou sur pierre l'objet à reproduire, on creuse plus ou moins profondément toutes les parties du dessin qu'on veut obtenir en relief. On coule ensuite delà gutta-percha qui pénètre dans les creux et reproduit l'objet en relief. Il ne reste plus qu'à imprimer en se servant à la fois du dessin en creux et du dessin en relief, le papier étant interposé entre les deux moules qui s'emboîtent exactement l'un dansl'autre etque l'on comprime fortement. Pour obtenir des teintes diverses, on place des poudres colorées ou encore des feuilles d'or, d'argent, etc., dans les parties creuses du moule. On obtient ainsi d'excellents résultats.

Les impressions en relief pour le gaufrage constituent une branche très importante de l'imprimerie.

La presse dont se servit Gutenberg était très simple; en somme, c'était une presse à vin, construite entièrement en bois et se

manœuvrant à la main. La forma, c'est-à-dire l'ensemble des caractères devant former la page et fortement serrés dans un cadre de bois, était placée horizontalement sur une table de bois. On encrait les caractères, on plaçait par-dessus une feuille de papier, puis on comprimait au moyen d'un plateau muni d'une vis, absolument comme dans la presse à vin.

Cette machine imparfaite servit jusqu'à la fin du xvin siècle. C'est en 1795 que lord Charles Stanhope inventa en Angleterre une nouvelle machine qui causa toute une révolution dans l'art de l'imprimerie. Elle ne fut introduite qu'eu 1818 eu France, par les frères Didot.

La presse Stanhope se compose d'une plaque en fonte, nommée marbre, qui glisse sur des coulisses horizontales. Ce marbre est destiné à recevoir la forme. Les caractères sont encrés, puis on les recouvre d'une feuille de papier au moyen d'un châssis de fer, nommé tympan, sur lequel on avait primitivement déposé la feuille et qu'on rabat sur la forme. On amène alors le marbre sous le plateau compresseur, nommé platine, qui se meut au moyen d'une vis, comme dans la presse de Gutenberg.

C'était là un énorme progrès, très remarquable pour l'époque, mais qui a été largement dépassé depuis, grâce à de nouveaux perfectionnements.

On trouve déjà le germe des machines actuelles dans la presse qu'inventa William Nicholson, éditeur du Journal philosophique, à Londres, en 1790; mais sa presse était si imparfaite qu'elle ne put fonctionner. Nicholson se servit simplement de la machine employée à cette époque pour l'impression sur tissus. Il faut également citer les essais de l'Américain Georges Clymer, de Philadelphie, qui datent de 1818. En réalité, on peut affirmer que la presse moderne est l'œuvre de Frederick Kœnig, horloger à Eisleben, en Saxe. Kcenig partit eu Angleterre avec son compatriote Bauer, mécanicien, et, en 1810, ils prirent ensemble un premier brevet pour leur presse. Ce fut le célèbre imprimeur Bensley, de Londres, qui leur fournit les fonds nécessaires à leurs recherches. Cette machine de Kœnig, construite en 1810, ne fonctionna que très imparfaitement.

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