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LITHOGRAPHIE. !

encre grasse spéciale et de laver la pierre avec un mélange de gomme arabique et d'acide. L'encre était alors fixée très énergiquement sur la pierre. Or, en passant un rouleau chargé d'encre sur la pierre légèrement mouillée, la nouvelle encre adhérait exclusivement sur les caractères déjà encrés et non sur les parties de la pierre humide dénudée. Il ne restait plus qu'à presser une feuille de papier sur la pierre pour reproduire l'écriture.

Senefeldcr avait tout simplement appliqué ce principe : lagraisse fait corps avec la graisse, mais elle est repoussée par" l'eau. Grâce à ses efforts, il inventa lui-même tout ce qui était nécessaire pour le nouvel art qu'il venait de créer : encre, presse, etc. Il fut aussi le premier à faire de la lithochromie, c'est-à-dire à imprimer sur pierre avec des couleurs différentes.

A ses débuts, ce nouveau mode d'impression porta le nom d'impression chimique ou sur pierre. C'est en 1804 que ce nom de lithographie, qui lui est resté depuis, lui a été donné par Mitterer, lithographe à Munich. C'est principalement dans cette ville que le nouvel art se développa d'abord, surtout entre les mains des frères de l'inventeur. La France ne connut que très tard la lithographie, car c'est seulement en 181 G que M. de Lasteyrie et M. Godefroy Engelmann, de Mulhouse, vinrent établir les premiers ateliers à Paris. L'Angleterre ne la connut que bien plus tard encore, puisqu'elle ne fut réellement pratiquée avec succès qu'en 1821 par Hullmandel, l'un des meilleurs élèves d'Engelinann. Grâce à de notables perfectionnements, la lithographie, dont les produits avaient été assez informes clans le début, finit par imiter à s'y méprendre le moelleux, la finesse et la pureté des traits du meilleur burin.

Matériel de la lithographie. — Les pierres lithographiques doivent être d'un grain fin et serré. Les meilleures sont encore celles qu'on exploite à Solenhaufen, près de Munich, en Bavière. La France en produit aussi, mais d'une qualité inférieure. Leur exploitation va d'ailleurs toujours diminuant, car on abandonne de plus en plus la pierre pour la remplacer par le zinc ou le verre. En France, quelques carrières situées

GRAVURE

dans les départements de l'Ain, du Tarn-et-Garonne et du Var demeurent exploitées. Les plus estimées sont celles de l'Ain; on rencontre les pierres lithographiques dans le jurassique, à Marchamps, arrondissement de Belley, et à Serrières de-Briord, dans la forêt de Montréal, près de Nantua.

Les pierres lithographiques étant rares et chères, Durand- Narat eut, en 1846, l'idée de leur substituer des feuilles de zinc. Le zinc est moins lourd que la pierre, moins épais, plus souple et ne se brise pas sous la presse comme le fait souvent la pierre. Depuis quelques années on préconise aussi l'emploi du

verre poli.

Le lithographe écrit sur l'un quelconque de ces supports avec un crayon composé de savon, de cire, de suif et de noir de fumée. Puis, il étend sur le support une dissolution contenant de la gomme arabique et de l'acide nitrique. Après l'action de l'acide, on lave à l'eau et à l'essence de térébenthine. Il suffit enfin de passer un rouleau, imbibé d'une encre composée de savon, de suif, de cire, de gomme laque et de noir de fumée, de manière à imprégner les caractères de cette encre qui se déposera sur la feuille de papier.

L'emploi du papier autographique évite au lithographe la peine de copier sur la pierre l'écriture ou le dessin qu'il s'agit de lithographier. Il en résulte une très grande économie de main-d'œuvre. Il n'y a plus, en effet, qu'à reporter sur la pierre le travail exécuté par l'auteur lui-même sur le papier autographique. Seuefelder avait déjà lui-même trouvé un procédé semblable. On se sert aujourd'hui d'un papier préparé par M. Cruzel, obtenu en y déposant trois couches successives de gélatine de pied de mouton, puis d'une couche d'empois et finalement d'une dernière couche de gomme-gutte. On doit aussi écrire avec une encre spéciale.

La première presse mécanique pour la lithographie fut inventée en 1805 par Mitterer, en Allemagne; mais la véritable machine réellement pratique fut construite en 1832 par M. La chevardière. C'est en .1850 que fonctionna, à l'aide de la vapeur, la première presse lithographique, chez Paul Dupont. Aujour-

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