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crayons et de boîtes à cigares, qui se servent de bois de cèdre, pour fabriquer un papier spécial qui chasse les mites par son odeur. On en fait des dessous pour les tapisseries et des enveloppes pour les tissus de prix.
1° Pâte de paille. — H y a déjà longtemps que l'on a songe à utiliser la paille pour la fabrication du papier, car ce procédé a été employé en Allemagne dès le milieu du xviu e siècle. Au début du xix. c siècle on a commencé à faire entrer le papier de paille dans le commerce courant, mais il faut arriver à l'année 1854 pour en voir la fabrication devenir d'une grande importance.
On peut employer toutes les pailles des céréales, mais les meilleures pâtes sont obtenues avec la paille de seigle et les feuilles de maïs. La paille est coupée en morceaux de deux à trois centimètres de longueur, puis écrasée au moyen du laminoir. Pour enlever la matière qui agglutine les fibres de cellulose, on traite par une lessive chaude de soude caustique dans un vase clos. La matière non attaquée par la soude est lavée dans un courant d'eau, puis mise dans la pile effilocheuse à la place des chiffons. Les autres opérations sont les mômes que pour la fabrication du papier avec les chiffons. Quand on veut obtenir du papier d'emballage, il est inutile de décolorer la pâte de paille.
Le papier fabriqué avec la paille seule est très blanc, imperméable et bien filamenteux, mais il est sec et cassant. Il est nécessaire d'ajouter de la pâte de chiffon à la pâte de paille, un quart seulement pour les papiers à journaux, les trois quarts au moins pour les bons papiers.
' 2 Pâte de sparte ou alfa. — On désigne sous le nom de sparte ou à'alfa une plante de la famille des graminées qui croît spontanément à l'état sauvage en Espagne et sur les côtes septentrionales de l'Afrique, depuis la Tripolitaine jusqu'au Maroc, dans le Tell et jusque dans le Sahara. On évalue à cinq millions d'bectares la superficie des terrains où l'on peut récolter l'alfa. C'est un végétal aux feuilles aiguillées, plates, longues et étroites qui lui donnent l'apparence d'une tige de jonc. L'alfa est
PAPIER
exporté pour là fabrication de certains articles, dits de sparteric, et pour celle du papier.
L'alfa est traité absolument comme la paille, au moyen de la soude caustique. La pâte d'alfa employée seule donne un excellent papier, que les Anglais fabriquent sur une vaste échelle. Les Anglais ont en effet accaparé presque toute la production de l'Algérie eu -alfa.
3° Pâte de bois. — Les bois tendres peuvent être convertis en papier par deux procédés très différents : par traitement mécanique ou par traitement chimique. Disons de suite que le premier procédé est loin de donner un produit de qualité comparable à celui que fournit le second.
1° Procédé mécanique. — C'est Wolter qui fut l'inventeur de ce procédé. Il construisit une machine qui râpe le bois par un • frottement transversal aux fibres contre une meule de grès et qui classe les filaments par degré de finesse successive. Le meilleur grès pour cet usage se trouve près de Trêves, dans la Prusse Rhénane. On recherche de préférence les bois de tremble et de sapin, qui donnent la pâte la plus blanche et la plus liante. Viennent ensuite les bois de peuplier et de bouleau. Les autres bois donnent des pâtes trop colorées. Cette poudre de bois entre dans la proportion de S pour 100 dans la pu te des papiers écoliers et de 60 pour 100 dans la pâte destinée aux journaux. Ce sont naturellement les pays les plus riches en bois blanc qui fabriquent le plus de poudre de bois pour la papeterie, c'està-dire l'Allemagne, la Suisse et surtout la Suède, la Norvège et la Finlande.
2° Procédé chimique. —Le traitement chimique du bois blanc a offert pendant longtemps de très grandes difficultés pratiques. On a essayé d'abord l'action du sulfite de chaux ou de magnésie, mais la pâte noircissait trop. M. Raoul Picteta indiqué l'emploi de l'acide sulfureux en solution concentrée, chauffée à 80 degrés dans une autoclave, ce qui donne une pâte non colorée. Actuellement on se sert, comme l'a indiqué le docteur Mitschelich, de 1 action du bisulfite de chaux, obtenu sous forme de dissolution eu faisant passer un courant d'acide sulfureux dans une longue