III. — SUCCÉDANÉS DES CHIFFONS
On ne connaît jusqu'ici en Europe aucune substance capable de donner de meilleur papier que le chiffon, car le cbiffon a déjà subi de nombreux traitements qui l'ont dépouillé des matières
PAPIER
étrangères : en un mot, c'est de la cellulose pure. Il est vrai, d'ailleurs, que les fibres ont été énervées par de nombreux lessivages et surtout par le blanchiment au chlore. Malheureusement, à cause de l'effroyable consommation du papier sous toutes les formes, il a fallu chercher d'autres substances capables de remplacer les chiffons.
Théoriquement on peut se servir, pour fabriquer le papier, de toutes les substances Végétales contenant de la cellulose, c'est-à-dire de toutes, puisque la cellulose constitue une grande partie de tous les végétaux. .Mais pratiquement on est vite limité par la nécessité de trouver des plantes dont il est facile d'isoler la cellulose à l'état de. pureté. En outre, ces plantes doivent être très abondantes et à très bon marché.
Onaessayé presque tous les végétaux : le bananier, l'aloès, le palmier nain si abondant en Algérie, les lianes d'Amérique, des écorces,des racines, des orties, du houblon, jusqu'à des mousses; mais, en définitive, l'expérience a montré qu'on ne pouvait utilement employer que la paille des céréales, les feuilles de sparte ou d'alfa et les bois blancs.
Il a été démontré récemment que le papier fabriqué avec la canne à sucre est de belle qualité. Ce serai! là une grande ressource pour nos colonies. Certaines contrées fabriquent cependant un papier excellent avec des végétaux indigènes. Citons notamment la Chine et le Japon, dont le papier diffère absolument de celui des autres pays et dont nous nous réservons de décrire la fabrication dans un chapitre spécial. Citons aussi certains papiers des Indes, du Brésil, de la Havane, fabriqués avec des substances végétales indigènes, papiers dont la solidité et la flexibilité sont telles qu'ils peuvent être employés avec avantage dans plusieurs industries.
Les usages du papier sont innombrables. On conçoit donc qu'un papier préparé pour un usage spécial avec une plante déterminée soit capable de rendre de grands services. On ne saurait trop engager les savants et les industriels à faire des recherches dans cet ordre d'idées. Par exemple, aux États- Unis on utilise les résidus des ébénisteries et des fabriques de