ilO
PHOTOGRAPHIE
Applications industrielles. — Portraits. — C'est l'application par excellence de la photographie. En 1878, M. Davanne estimait à 30 millions de francs la valeur annuelle des produits de l'industrie des portraits, et à vingt mille le nombre des personnes qui vivaient de cette industrie. Vu l'accroissement si rapide de la photographie depuis cette époque, ces chiffres sont considérablement dépassés aujourd'hui. C'est en 1858 que Disdéri lança à Paris, avec tant de succès, la photographie de la dimension de la carte de visite. La mode se répand de plus en plus des portraits à grande dimension.
Reproduction des œuvres d'art. — Cette reproduction a été longtemps fort imparfaite, surtout pour les tableaux dont les couleurs ne viennent pas avec leurs véritables tonalités. Les plaques orthochromatiques ont permis d'obtenir de meilleurs résultats. En France, c'est à M. Bingham qu'on doit les premiers essais industriels de ces reproductions dont la valeur est inestimable pour l'instruction des artistes. La photogravure répand aujourd'hui dans le public les chefs-d'œuvre des peintres et des sculpteurs. A l'origine, M. Braun se servait des poudres colorées pour imiter les couleurs vraies. Nous avons vu comment le problème.a été résolu depuis par la chromolithographie.
Reproduction des paysages, des monuments, des végétaux, des fossiles, pour ouvrages spéciaux. — Les voyageurs emportent aujourd'hui avec eux une chambre noire et une collection de plaques sèches au gélatino-bromure d'argent pour photographier les monuments et les paysages rencontrés dans les pays lointains qu'ils visitent. Les épreuves sont révélées à leur retour. Ces photographies sont infiniment plus exactes que les dessins obtenus jadis par les dessinateurs les plus habiles. De plus, le voyageur ne perd plus à dessiner un temps souvent précieux.
Lever des plans photographiques. — MM. Laussédat et Javary ont imaginé des méthodes permettant d'obtenir, avec une grande exactitude, au moyen de la photographie, un lever topographique quelconque. C'est ainsi que se tracent aujourd'hui la plupart des cartes géographiques, notamment au ministère de la guerre.
Photogravure sur verre, sur porcelaine ; émaux photographi-
MATÉRIEL DE PHOTOGRAPHIE. j-ju
ÇU es. — Procédé Poitevin. — On tire une épreuve positive sur un mélange de bichromate de potasse et de gélatine, en insolant ce mélange sous un négatif. En trempant le positif dans l'eau froide, la gélatine se gonfle dans les parties non insolées. On moule alors ce relief avec du plâtre, puis on coule dans ce moule de la pâté de porcelaine. Quand on veut émailler, on remplit les creux avec de la poudre d'émail teintée, ce qui reproduit après fusion une image exacte de la photographie.
Procédé du Mottay et Maréchal (de Metz). — On ren force considérablement un positif sur collodion ou sur gélatine en le plongeant dans un bain de chlorure d'or ou de platine, puis on détache la pellicule et on la transporte sur verre ou sur porcelaine avec une matière vitriiiable. On met alors au four d'émailleur. La chaleur détruit la matière organique et iixc le métal. Procédé de M. Gru.ne (de Berlin). C'est à peu près le même procédé que le précédent, mais un peu plus simple. Le positif, renforcé à l'or ou au platine, est collé sur cristal ou sur porcelaine et le tout est porté au four.
Impressions sur étoffes, sur soie, sur taffetas, sur éventails, etc. — On est parvenu aujourd'hui, par des procédés très simples, à imprimer les photographies sur les étoiles les plus diverses.