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IV. — APPLICATIONS DE LA PHOTOGRAPHIE

Les applications de la photographie ont pris une énorme extension depuis quelques années, surtout au point de vue purement scientifique. L'industrie s'en est fait aussi un puissant auxiliaire.

Applications scientifiques. — Astronomie. — Dès 1840, Daguerre essaya de photographier la lune, mais inutilement à cause du manque de sensibilité de son procédé et de la durée de la pose. C'est Foucault et Fizeau qui réussirent les premiers à prendre la photographie de la lune, en 1849, grâce au procédé à l'albumine. Avec le procédé plus sensible au collodion, on put aller beaucoup plus loin : Rutherford et Gould obtinrent photographiquement des cartes stellaires ; en 1858, Porro et Uuinetpholographièrent les phases des éclipses ; en 1860, Waren de La Rue en fit autant pour les protubérances du soleil. Plus tard, un grand nombre de savants parvinrent à fixer les spectres des étoiles et des nébuleuses. Enfin, grâce aux travaux des frères Henry, de l'observatoire de Paris, on est parvenu à opérer de vrais miracles dans la photographie astronomique. Des étoiles, invisibles à l'œil, sous les plus puissants télescopes, donnent leurs images sur la plaque sensible. Sur l'initiative de M. l'amiral Mouchez, tous les observatoires du monde se mettent en demeure de lever photographiquement la carte du ciel.

En définitive, la photographie est aujourd'hui l'instrument le plus puissant pour les investigations astronomiques. On lui doit la découverte de nouvelles étoiles et de nouvelles nébuleuses. Il y a probablement beaucoup à attendre de l'initiative de M. l'amiral Mouchez.

Recherches microscopiques. — La photographie rend d'immenses services dans l'infiniment petit comme dans l'infiniment grand. En 1845, Léon Foucault et Donné purent photographier les images considérablement grossies des tissus végétaux. M. Miquel, de l'observatoire de Montsouris, est même parvenu à faire le portrait des microbes !

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Recherches sur les mouvements rapides. — L'œil est incapable de saisir avec exactitude les positions successives d'un corps animé d'un rapide mouvement de translation, à cause de la persistance des impressions lumineuses de cet organe. Grâce à la photographie instantanée, on parvient actuellement à analyser très exactement les différentes phases d'un mouvement rapide. Il suffit de prendre des photographies successives, à des intervalles de temps excessivement courts. D'abord M. Muybridge aux Etats-Unis, puis M. Marey en France, se sont adonnés spécialement à ces recherches d'un haut intérêt scientifique.

Médecine. — M. Charcot a utilisé la photographie pour reproduire, avec une exactitude absolue, les différentes phases des maladies, ce qui constitue des documents d'une importance capitale.

Recherches judiciaires. — On photographie actuellement partout les condamnés judiciaires, de manière à pouvoir les reconnaître dans le cas de récidive.

Appareils enregistreurs. — Les mouvements des appareils sont aujourd'hui enregistrés facilement avec la photographie. Un rayon lumineux vient se réfléchir sur une petite glace qui l'ait corps avec l'appareil mobile. Le rayon réfléchi, ainsi mis en mouvement, vient impressionner une feuille sensible qui se déroule d'un mouvement uniforme sous l'action d'un mécanisme d'horlogerie.

Signalons encore l'emploi de la photographie pour projeter sur un écran, dans les cours publics, les images des phénomènes décrits par le professeur; pour reproduire, étant en ballon, les phénomènes de l'atmosphère ou lever les plans de la contrée audessus de laquelle on passe ; pour fixer sur le papier les dépèches du télégraphe optique, usité dans les opérations de la guerre ; pour faire des recherches physiques, pour fixer par exemple la forme des étincelles électriques, des éclairs, etc ; pour reproduire les manuscrits précieux et faire apparaître parfois des caractères effacés qui redeviennent visibles. Nous nous arrêtons, car il nous est impossible de traiter plus longuement un sujet qui sort du cadre que nous nous sommes fixé.

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