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CHAPITRE VI PAPIERS PEINTS

L'industrie du papier peint, écrivait M. Wolowski dans son rapport sur l'Exposition anglaise de 18ol, est une de celles qui se plient avec le plus de facilité à tous les besoins et qui répond à la plus grande variété des positions. Depuis la mansarde du pauvre jusqu'au salon le plus brillant, le papier peint commence à couvrir partout la nudité des murailles, en contribuant ici à la propreté, là au luxe de l'ameublement. II pénètre de plus en plus dans les habitudes de la vie intérieure, en remplaçant dans les plus humbles demeures, au grand avantage des habitants qui profitent ainsi à bon marché de l'élégance et du confort, les moyens grossiers employés jusque-là pour les décorer ou pour les rafraîchir; en même temps le goût exquis et la richesse des décorations qu'il crée le font substituer aux tentures d'étoffes, employées auparavant dans les appartement les plus somptueux.

Ajoutons que l'industrie des papiers peints est l'une des branches les plus importantes de l'art industriel et qu'on lui doit une pléiade de grands ai-listes dont elle a fait la première éducation. Il faut, en effet, de véritables artistes pour marier heureusement le papier peint avec les tapisseries et les étoiles d'ameublement, pour suivre la mode dans ses variations capricieuses.

Chose bien singulière, l'invention du papier peint est d'origine toute récente en Europe, alors que les Chinois s'en servent de-

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puis une très haute antiquité pour la décoration de leurs appartements. Jusqu'au commencement du xvn" siècle, les murailles des appartements étaient simplement blanchies à la chaux. Chez les personnes riches, mais chez elles seulement, les murs étaient recouverts de boiseries ou de tapisseries. En 1620, un sieur Lefrançois, de Rouen, eut l'idée de velouter le papier en y collant de la poussière de drap colorée, et de s'en servir pour décorer les appartements. Ses ouvriers le quittèrent bientôt et allèrent répandre ses secrets de fabrication en Angleterre et en Hollande.

Il est vrai que le papier velouté n'était pas encore du papier peint, mais c'était évidemment un début qui devait bientôt amener de nouveaux fabricants à imaginer de recouvrir le papier de sujets colorés. En effet, à la fin du xvn c siècle, des fabriques de papier peint furent établies en France et en Angleterre, mais sur une petite échelle et sans un succès bien éclatant. Le papier peint n'était guère employé que par les habitants des campagnes et par les petits marchands des villes pour la décoration de leurs magasins. Il faut arriver jusqu'à la fin du xvui siècle pour voir le papier peint prendre enfin un grand essor et remplacer les boiseries et les tapisseries dans les plus somptueuses demeures. Cette faveur était due aux perfectionnements apportés dans la fabrication du papier peint, particulièrement par Georges et Frédéric Eckhard, de Chelsea, en Angleterre, qui imprimaient sur papier en môme temps que sur soie et sur toile, et aux efforts de Réveillon, établi dans le faubourg Saint-Antoine, à Paris. La fabrique de Réveillon fut pillée dès le début de la révolution de 1789.

A la fin du siècle dernier, Paris était devenu le centre principal de la fabrication des papiers peints. Dirigés par des hommes de science et de grands artistes, les fabricants du faubourg Saint- Antoine n'avaient pas de concurrents pour le. cachet d'élégance et le bon goût qu'ils imprimaient à leurs produits.

L'usage du papier peint n'a cessé de s'accroître pendant le xix c siècle, et, de nos jours, les murs blanchis à la chaux sont devenus une rareté. La demeure du pauvre, comme celle du

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