‹ Histoire générale de l'industrie. 1, Industries du règne végétalChapitre 56 sur 214 · I. — SYLVICULTURE · texte numérisé non relu

I. — SYLVICULTURE

L'industrie tire ses matériaux de construction des pierres, des métaux et du bois. Le bois nécessaire pour cet usage est un produit des forêts, car ce sont les feuilles des arbres qui combinent, sous l'action des rayons du soleil, le carbone de l'acide carbonique de l'atmospbère avec l'eau et les sels du sol pour en fabriquer le bois.

La sylviculture, l'art de faire prospérer les forêts, constitue donc une branche très importante de l'industrie. Cette science est de date très récente, car les hommes ont longtemps trouvé dans les forêts un aliment qu'ils croyaient inépuisable pour leurs besoins. Mais, quand le déboisement de l'Europe a pris des proportions inquiétantes, on a dû songer aux moyens de préserver de la destruction complète le peu qui restait et d'en tirer le meilleur prolit possible. La sylviculture est analogue, en somme, aux autres cultures des végétaux plus humbles; on doit pouvoir cultiver les forêts comme on cultive du blé, du chanvre ou des arbres fruitiers. Il n'y a «le différence que dans la nature des produits.

Ce sont les Allemands qui ont inauguré la sylviculture, et c'est en Allemagne qu'on trouve encore aujourd'hui les forêts les mieux aménagées. La France a fait faire aussi de grands progrès à cette science, grâce à l'Ecole de Nancy. Les étrangers ont eu souvent recours à nos ingénieurs forestiers quand il s'est agi de préserver leurs forêts de la destruction.

INDUSTRIES DU liOIS.

La sylviculture doit encore se proposer un autre but que celui de la conservation et de L'obtention des meilleurs rendements des forets : il faut aussi qu'elle tente de naturaliser dans chaque pays nombre d'espèces exotiques utiles. Il convient de faire pour les arbres de construction et de mobilier ce qui a si bien réussi pour les végétaux alimentaires. Que d'espèces précieuses qui pourraient être -ainsi naturalisées en France! L'Angleterre semble jusqu'ici avoir fait le pins de tentatives heureuses dans cette voie si féconde.

Les forêts sont considérées a tort comme des vestiges d'une époque de barbarie; trop souvent on les détruit sans raison ou on les abandonne à la pâture des chèvres et des moutons. Cependant la nécessité (le trouver dans le bois la matière première d'un grand nombre! d'industries devrait nous faire regarder la conservation des forêts comme une nécessité sociale. Un fait est d'ailleurs indéniable : c'est (pie les contrées boisées, en Francedu moins, son! les pins riches et les plus industrielles; l'homme abandonne au contraire les régions déboisées, car il n'y trouve pas de travail pour l'hiver. Nous croyons devoir reproduire ici un passage bien curieux de Bernard de Palissy :

<< J'ay voulu quelques fois mettre par estai les arts qui cesscroyent alors qu'il n'y auroit plus de bois; mais, quand j'eus escript un plus grand nombre, je n'en sceus jamais trouver la lin à mon escript, et, ayant tout considéré, je trouvay qu'il n'v en avoit pas un seul qui se peust exercer sans bois. »

LLuropc possède un climat essentiellement favorable au développement des forêts, et, dans l'antiquité, elle n'était qu'une immense forêt. La civilisation y ayant pénétré par le bassin de lit Méditerranée, ce sont les régions du littoral de cette mer intérieure qui ont été déboisées les premières, c'est-à-dire la <iièce, l'Italie et l'Espagne, ainsi que les côtes africaines. Puis, la civilisation remontant ensuite vers le Nord, en suivant le littoral de l'Atlantique, ce fut le tour de la Gaule et (h; l'Angleterre, daule signiiie forêt, gaël eu celtique. Les défrichements de la Gaule commencèrent sous Jules César. Actuellement la France et l'Angleterre ne savent plus où trouver le bois qui

SYLVICULTURE.

Page 1