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MACHINES A TRAVAILLER LE ROIS

vulcanisé ou gomme laque. La meule est montée à l'extrémité d'un levier articulé qui lui permet de prendre toutes les directions possibles, et on lui imprime un mouvement de rotation très rapide sur elle-même. Le ruban de la scie étant fortement tendu sur un cbàssis, la meule avance, recule, s'incline, le tout mécaniquement, et vient mordre l'acier aux endroits voulus.

Quant au mécanisme lui-même du sciage du bois, il est d'une grande simplicité. La scie se meut de manière à rester toujours dans la même position ; c'est au contraire le bois qui, porté par un chariot, avance au-devant de la scie avec une vitesse réglée par la machine elle-même.

L'invention des sciesà mouvement alternatif est vieille comme le monde. Qui n'a vu scier par ce procédé, primitif mais simple, de longues poutres dans un chantier de bois. La poutre est maintenue horizontalement en l'air par des chevalets; deux hommes, l'un à terre au-dessous de la poutre, l'autre monté dessus, tirent la scie alternativement chacun de leur côté et péniblement transforment le tronc d'arbre en planches. Il a suffi, en somme, de bien peu d'efforts pour rendre ce procédé mécanique. L'invention des scies circulaires, et surtout celle des scies à ruban sans fin, ont présenté plus de difficultés. On pense généralement que c'est l'ingénieur Brunel qui en aurait eu la première idée. La grande difficulté à vaincre était d'empêcher le ruban d'acier de se rompre. M. Périn, de Paris, a le premier résolu pratiquement le problème en donnant à la scie une très grande vitesse et en l'enroulant autour d'une poulie d'un grand diamètre.

M. Cocbot, de Paris, a construit des scieries locomobiles pour débiter le bois au milieu même des forêts. La chaudière est alimentée au moyen des déchets de bois. Ce système, très avantageux dans un grand nombre de circonstances, est maintenant d'un usage courant.

Placage du bois. — On peut obtenir des lames très minces de bois pour le placage des meubles en faisant usage de scies circulaires à dents très multipliées, comme cela se pratique surtout en Angleterre, ou encore avec une scie horizontale

à mouvements alternatifs, dont le chariot se meut verticalement. Mais on préfère le plus souvent, non plus scier le bois, ce qui a l'inconvénient de donner un déchet important, mais le fendre en lames minces parallèles au moyen d'une machine spéciale. Le bois ne saurait être fendu sans une préparation préliminaire, qui consiste à le laisser séjourner dans la vapeur d'eau de manière à attendrir les fibres. Après coupage, le bois doit être séché dans une étuve et comprimé en même temps par une presse hydraulique.

Le procédé du coupage a sur celui du sciage l'avantage de donner une économie d'un tiers par la su ppression de la sciure, et aussi d'être beaucoup plus rapide; mais, par contre, il a l'inconvénient d'altérer la ténacité du bois et surtout sa teinte, et c'est souvent ce qu'on tient le plus à conserver. Le bois de noyer est celui qui se tranche le mieux sans altération. Pour les ouvrages soignés et les bois de placage d'un très haut prix, on préfère encore le sciage. La sciure n'est d'ailleurs pas perdue, ainsi que nous le verrons bientôt.

Machines-outils. — Les machines-outils pour travailler le bois se sont surtout développées depuis le milieu du xix c siècle. 11 en existe aujourd'hui qui sont construites dans un but spécial pour chaque corps de métier : mécaniciens, charpentiers, menuisiers, ébénistes, fabricants de pianos, de navires, de wagons, de tonneaux, de fusils, de sabots, de roues, d'allumettes, de caisses, de crayons, de sculptures, etc., etc. L'Angleterre et l'Allemagne sont entrées les premières dans cette voie. Dès 1831, la gare de Munich était construite en bois par des procédés mécaniques. L'Angleterre fabriqua de son côté beaucoup de menuiserie fine, des portes, des fenêtres, des plafonds, des lambris, etc. Berlin et Vienne imitèrent bientôt cet exemple. L'Autriche et la Savoie commencèrent les premières la fabrication mécanique des parquets. En France, actuellement c'est dans la Haute-Marne qu'on scie le plus de chêne de choix pour frises de parquets.

Il faut espérer que la menuiserie mécanique ramènera chez nous le goût des plafonds et des lambris sculptés, dont l'effet est

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