III. - MACHINES A TRAVAILLER LE BOIS
Scieries. - Autrefois les scieries s'établissaient de préférence dans les pays montagneux, près des forêts, utilisant les torrents comme force motrice. C'est encore ce qui arrive dans les contrées peu civilisées. Mais, actuellement, on préfère le plus souvent transporter les bois dans de vastes établissements, mus par la vapeur et situés dans les grandes villes. C'est ainsi qu'il existe dans nos grands ports de la Manche de très importantes scènes qui débitent les bois transportés de la Suède, de la Norvège, de la Russie, etc. On trouve cependant encore un grand nombre de petites scieries hydrauliques sur les pentes des \ osges, du Jura, des Pyrénées et des Alpes de la Savoie ■ e les ne manquent pas d'un certain pittoresque : construites en planches sur un canal de dérivation, entourées de toutes parts par les grands bois solitaires, elles sont conduites par un seul ouvrier vivant là avec toute sa famille. On y débite de 25 000 à 30000 planches par an.
Les grandes scieries à vapeur ne datent guère que du commencent du xix* siècle. Au xvm- siècle, on n'en voyait guère qu'en Hollande où elles étaient mues par des moulins à vent.
Les scieries ont pour but de transformer les troncs d'arbres en poutres, en madriers, en planches ou en feuillets minces. On distingue les scieries à mouvement rectiligne alternatif et les scieries à mouvement continu. Les premières se servent de scies verticales ou horizontales, à une ou plusieurs lames, et les secondes de scies circulaires ou de lames sans fin. Ces dernières sont maintenant presque les seules employées, grâce aux progrès de la mécanique.
Les scies sont en acier laminé et trempé, avec des dents déviées alternativement à droite et à gauche, de manière à éviter e frottement de l'acier contre le bois, puisque la fente est plus large que la scie. Le défonçage et l'affûtage des dents s'effectue aujourd'hui par des procédés mécaniques fort ingénieux au moyen de petites meules artificielles en émeri et caoutchouc