APPLICATIONS DIVERSES DU BOIS
centimes. En Roumanie, ce travail du bois est aussi l'œuvre des bohémiens ou tziganes errant à travers les campagnes et les forêts.
Le Canada fabrique la boissellerie la plus remarquable par sa perfection et son fini. Les seaux, les pelles, les baquets, les cuves du Canada, sont des articles très recherchés en Amérique.
Bois durci ou bois de paille. — On a cherché, depuis longtemps, à utiliser les déchets du travail du bois, notamment les sciures. On y est arrivé par plusieurs procédés.
Avec de la sciure de bois de palissandre, M. Latry, de Crénelle, fabrique des manches de couteaux, des boites de montre, des coffrets, des médaillons, des broches, des porte-monnaies, des articles de fantaisie dits de Paris. Ces objets imitent parfaitement l'ébène. La sciure est tamisée, puis additionnée d'un quart de son poids de sang liquide, étendu d'assez d'eau pour imprégner toute la masse de sciure. Le mélange est desséché dans une étuve à 4§°, puis comprimé fortement dans un moule en bronze chauffé à 17.*i ou 200°. La compression doit durer, selon les cas, de trente à soixante minutes. Le produit ainsi obtenu peut très bien se polir et se vernir.
Aux Etats-Unis, on a imaginé un procédé permettant de régénérer des planches avec de la sciure de bois résineux. Ces planches peuvent être sciées, coupées, rabotées, percées, polies, absolument comme du bois ordinaire ; elles ont même l'avantage d'être incombustibles. On s'en est servi à New- York pour bâtir des maisons. Ce produit est obtenu en soumettant à une très forte compression, dans un cylindre en acier, un mélange de sciure de bois et de kaolin en proportions égales, le tout formant une pâte avec un peu d'eau. Après foulage, on dessèche à l'air, puis à l'étuve et on chauffe enlin au rouge blanc dans un four spécial pour vitrifier le mélange.
On obtient aussi des planches de bois en comprimant fortement, au moyen de la presse hydraulique, des feuilles de carton fait avec de la paille et collées avec un ciment imperméable à l'eau. En Allemagne, on fabrique aussi des briques en chauffant à
180° un mélange de déchets de liège, de sable ou d'argile et de chaux, ou encore de liège et d'amidon.
Laine de bois. — La laine de bois a été inventée en 1881 aux Etats-Unis. Des machines très ingénieuses, dont plusieurs sont maintenant construites en France, permettent de transformer en très peu de temps un morceau de bois en fines lanières dont les usages s'étendent chaque jour davantage. La charpie en bois de sapin est préférée à la charpie ordinaire pour les opérations chirurgicales ; quand "elle provient de bois très résineux, la laine de bois est supérieure au meilleur crin, car elle n'absorbe pas l'humidité et chasse les insectes. Elle sert encore pour les emballages, pour filtrer les eaux troubles, pour remplacer les chiffons dans le nettoyage des machines, pour graisser les essieux des voitures ; elle est employée dans la bourrellerie, la tapisserie, etc. On la fabrique surtout avec le sapin dit' de Riga. Une machine peut en fournir jusqu'à 800 kilos par journée de travail. Cette machine, réduite à ses éléments les plus simples, se compose d'un rabot qui détache une lamelle de bois, puis d'une série de lames de couteau qui coupent cette tranche en rubans plus ou moins déliés. L'usage de la laine de bois s'est répandu successivement des États-Unis en Allemagne et en Autriche, puis ensuite en France et en Angleterre.
Étoffes de bois. — Le D'Mitschcrlich est l'inventeur d'un procédé qui permet de fabriquer des étoffes d'une grande finesse avec du bois. Des planchettes sont réduites en minces rubans, au moyen de la machine servant à préparer la laine de bois, par exemple, puis on les soumet dans un autoclave à l'action dissolvante d'une solution d'acide sulfureux. Les fibres de la cellulose sont mises en liberté, blanchies et prennent un aspect soyeux. On les sèche et on comprime au laminoir, afin de bien les séparer les unes des autres. Ces fibres se cardent, se filent et se tissent comme du coton, du chanvre ou du lin.