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PRÉPARATIONS SPÉCIALES SUBIES PAR LES BOIS

rapidité dans l'air humide. Il a donc fallu chercher des procédés capables d'assurer la conservation du bois pendant de longues années, par exemple pour les poteaux télégraphiques et les traverses de chemin de fer, qui sont exposés à toutes les intempéries des saisons. On y est arrivé par plusieurs procédés.

Le plus simple consiste à carboniser le bois superficiellement. Ce procédé fut appliqué en 1862 par Lapparent aux constructions navales ; la combustion s'opérait au moyen du dard d'un chalumeau. Hugon a depuis cette époque construit un appareil puissant pour obtenir la flamme nécessaire à cette opération. Les bois des navires sont ainsi flambés au fur et à mesure de la construction. On flambe également de temps à autre l'intérieur des navires pour les désinfecter et assurer la conservation du bois. On flambe encore les poteaux télégraphiques et les traverses de chemin de fer, après qu'ils ont été injectés, comme nous allons le voir. M. Haskin, aux Etats-Unis, remplace la carbonisation du bois par un chauffage en vase clos, qui a pour effet de coaguler l'albumine et d'empêcher la sortie par évaporation des matières antiseptiques, naturellement contenues dans l'intérieur du bois.

Le procédé le plus anciennement connu est celui de l'immersion dans un liquide antiseptique, c'est-à-dire préservateur. Il aurait été déjà employé par Glauber, en 1657. La composition du liquide préservateur est très variable ; on a préconisé l'alun et le sulfate de fer, le sublimé corrosif, le chlorure de zinc et le tannin, le sulfate de cuivre, l'acide tannique et le pyrolignite de fer, l'acide arsénieuv et l'acide cblorhvdrique, la créosote, le goudron, les essences, les résines, le suif, la graisse, etc., etc. La grande difficulté consiste à faire pénétrer le liquide à une profondeur suffisante dans le bois. On sèche généralement le bois, puis on le trempe dans la dissolution, llossard, en 186.*!, a conseillé de chauffer d'abord le bois avec de la vapeur ou bien de l'eau bouillante, ce qui donne un résultat meilleur, mais encore très insuffisant. Il a donc fallu trouver une méthode capable de forcer le liquide antiseptique à pénétrer jusqu'au cœur du bois. Le problème a été résolu de deux manières diffé-

rentes : par déplacement de la sève et par pression en vase clos C'est Boucherie qui a eu l'idée si simple et si féconde de se servir de la force ascensionnelle de la sève des végétaux pour faire monter le liquide antiseptique à travers toute la masse de l'arbre, depuis la base jusqu'au sommet. L'arbre est coupé et ébranché, sauf au sommet où on lui laisse toutes ses feuilles puis on trempe le pied dans le liquide antiseptique. La sève est évaporée par les feuilles et remplacée peu à peu par le liquide préservateur. On a un peu simplifié cette méthode de Boucherie! L'arbre est coupé aux deux bouts, puis on l'incline de manière à placer la base vers la partie la plus relevée. La base est alors enveloppée d'un manchon où l'on introduit le liquide antiseptique sous pression. Il suffit (railleurs de mettre ce manchon en communication au moyen d'un tube avec un réservoir placé à une dizaine de mètres plus haut et rempli du même liquide.

Le procédé- par la pression en vase clos a été inventé par Bréant, en 1831, et perfectionné par Bethel, Buttged et Boutton en Angleterre. Le bois est introduit dans un cylindre en fonte où Ion fait arriver un courant de vapeur d'eau. Cette vapeur dilate les fibres du bois et chasse l'air du cylindre. On ferme ensuite le robinet d'arrivée ,1e la vapeur ; celle-ci se condense dans le cylindre et y fait le vide. On ouvre alors un autre robinet qui communique avec un récipient plein du liquide antiseptique. Celui-ci, chassé par la pression atmosphérique, s'élance dans le cylindre qu'il remplit complètement. C'est ici que deux procédés absolument opposés sont employés pour forcer le liquide à pénétrer dans le bois. Ou bien on comprime le liquide au moyen d'une pompe aspirante et foulante, ou bien on fait, au contraire, le vide dans le cylindre, au-dessus du liquide, de manière à permettre plus facilement le dégagement des gaz contenus dan^s l'intérieur des fibres et qui empêchent l'introduction du liquide. Signalons enfin le procédé Myers, aux États-Unis, où le bois est soumis dans un cylindre à l'action d'un courant d'air chauffé à 280° et comprimé à 150 atmosphères. Le bois devient noir et " se remplit de matière antiseptique; il devient aussi un meilleur isolateur électrique en même temps que plus résistant.

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