DIVERS GENRES DE PAPIERS
Les applications si nombreuses du papier nécessitent la plupart du temps quelques modifications particulières dans la fabrication que nous venons d'étudier dans ses grandes lignes.
Les papiers d'impression, qui entrent en somme pour la plus forte proportion dans la production totale, ne présentent rien de particulier. Enroulés à la sortie de la machine, ils sont transi. o
PAPIER
portés tels quels à l'imprimerie. Les papiers d'écriture sont maintenant rayés mécaniquement. Le papier à lettres est vergé quand il est blanc ; souvent il est faiblement coloré, selon l'habitude anglaise. On verge le papier en se servant de toiles métalliques d'une construction spéciale.
Le papier destiné à la photographie exige des soins tout particuliers. Il demande à - être encollé très parfaitement et il faut surtout éviter les parcelles de cuivre ou de laiton qui peuvent se détacher des toiles métalliques et qui produisent les taches si improprement appelées taches de fer.
Les papiers à filigranes pour timbres, billets de banque, titres, etc., sont fabriqués à la main ou à la mécanique avec des toiles particulières. La pâte est faite avec de la filasse de chanvre et de lin écru, coupée, lessivée, peu décolorée et collée avec soin .
Le papier destiné à la confection des livres de comptes ou à recevoir des documents précieux pour archives doit pouvoir résister à l'action de l'humidité et du feu. Inventé par Mérimée, il a été fabriqué pour la première fois par M. Odent, de Rives. On s'en sert aussi pour papier à gargousses. Il est formé d'un mélange de pâte ordinaire avec de l'amiante, du sel marin et de l'alun. Après fabrication, on le trempe dans une dissolution alcoolique de gomme laque.
Le papier pelure, d'une minceur""extrême, est fabriqué avec des chiffons très purs. Il est surtout employé comme papier à cigarettes. Les Espagnols en fabriquent d'excellent. C'est en 1824 que Michel Abadie introduisit en France la fabrication du papier à cigarettes. Les premiers cahiers datent de 1830; avant cette époque, les fumeurs découpaient eux-mêmes les grandes feuilles que leur livrait l'industrie.
Le papier à dessin s'obtenait jadis eu collant ensemble plusieurs feuilles de papier fabriqué à la main. Actuellement il s'obtient, comme le papier ordinaire, avec la machine continue. On se contente de donner à la couche de pâte une plus grande épaisseur.
Les papiers d'emballage sont fabriqués avec des pâtes de bois
STATISTIQUE
et de paille non blanchies, avec des chiffons de toutes couleurs, des débris de cordages et de filatures.
Le papier à calquer s'obtient avec de la filasse de lin et de chanvre prise en vert et non blanchie. La matière qui agglutine les fibres dans le végétal donne au papier sa transparence.
Le papier buvard et à filtre se fabrique avec des chiffons de chanvre et de lin, mais il est peu comprimé et non lissé. Celui qu'on destine aux analyses chimiques exige des soins particuliers et doit être lavé à l'acide chlorhydrique, qui lui enlève les dernières traces de matières minérales. On en fabrique d'excellent dans les Vosges, où l'eau est particulièrement limpide.