VIII. - VANNERIE ET SPARTERIE
La sparterie est en grande décadence : cette industrie a presque disparu aujourd'hui. Les nattes de paille, de jonc, de sparte ou alfa, ont été remplacées par les parquets en bois, les tapis et les étoffes pour ameublement.
La vannerie emploie comme matière première les différentes variétés du saule osier. L'osier fin {Salix viminalis), qui sert à fabriquer la vannerie de luxe, est assez abondant en France, mais ne suffit plus à la consommation ; aussi son prix a-t-i'l beaucoup augmenté dans ces dernières années. La France est obligée d'en importer de grandes quantités d'Italie, et surtout d'Allemagne. Sa culture est cependant rémunératrice et facile. Dès la troisième année de plantation, il rapporte de 800 à 1000 francs à l'hectare dans les bonnes terres, jusqu'à 500 francs dans les plus mauvais terrains. La France pourrait facilement se passer du concours de l'étranger.
L'osier commun {Salix fragilis) abonde partout. La France en exporte de grandes quantités en Angleterre et en Amérique. L'Allemagne cultive aussi en grand diverses autres variétés d'osier : le Salix amygdalina, au bois blanc, dur, flexible, s'écorçant facilement; le Salix purpwea, le Salix prainosa acutifoha, originaire des steppes de la Caspienne, excellent pour la fabrication des mannes et des paniers.
La France est le pays qui fabrique le mieux la vannerie fine. Les fibres sont tressées avec un goût parfait et les formes étudiées avec un soin extrême. Les étrangers guettent l'apparition des nouveautés françaises et les imitent immédiatement.
Au xviii" siècle, la vannerie parisienne jouissait d'une réputation universelle ; mais la main-d'œuvre étant devenue d'un prix exagéré, cette industrie s'est trouvée dans la nécessité d'émigrer et de se réfugier en province. Paris n'a conservé que la spécialité de la vannerie de grand luxe, principalement pour