EXTRACTION DES SELS MINÉRAUX
Très impur, il faut encore le calciner dans des fourneaux à réverbère pour le purifier. Les potasses du commerce ont des aspects différents suivant leur provenance. Très blanches, on les nomme perlasses; celles de l'Amérique, et surtout du Canada, ont une couleur rouge, due à leur mélange avec de l'argile ferrugineuse. Ces potasses américaines renferment une forte proportion de potasse caustique, due à l'usage de traiter la lessive brute par de la chaux éteinte.
Des cendres des varechs, qui croissent en si grande abondance sur les côtes de la nier, on retire aussi des sels de potasse.
On désigne, sous le nom générique de varechs, des plantes marines appartenant à diverses familles botaniques et qui, au point de vue industriel, peuvent être rangées en deux classes distinctes: 1° celles venant de la haute mer et re jetées par le flot sur les grèves; 2° celles qui vivent sur les rochers laissés à sec à marée basse.
Les premières sont récoltées en toute saison, au fur et à mesure de leur dépôt sur les grèves ; les autres ne le sont que deux fois par an, en mars et en octobre. Un les trouve principalement sur les côtes de la Normandie, de la Bretagne, de l'Ecosse et l'Irlande, là où les eaux chaudes du Gulf-Stream viennent aborder les côtes de l'Europe. De temps immémorial, les varechs ont été employés à la fertilisation des terres des côtes et au chauffage des populations des îles dépourvues de tout autre combustible. Vers la tin du xvu e siècle, on commença de pratiquer l'incinération proprement dite, à peu près de la même manière qu'aujourd'hui, en plein air, dans des fosses de forme ronde ou rectangulaire, creusées dans le sol, au bord de la mer. Cette incinération, à laquelle on ne procède qu'à deux époques de l'année, donne un produit d'un aspect pierreux, gris noir foncé, analogue aux soudes d'Espagne, quant à l'apparence. Cette analogie d'aspect lui fit donner le nom de soude de varech, nom d'autant plus impropre que cette matière ne contient qu'une proportion très minime de carbonate de soude. Avant la découverte de Leblanc (fabrication de la soude par le sel marin), la soude de varech était très recherchée pour la fabrication du
verre. Mais, à partir de cette époque, les verriers renoncèrent à son emploi, et il fallut rechercher de nouveaux moyens d'en tirer parti. On opéra la séparation des sels composant la soude de varech, afin de se procurer des débouchés nouveaux dans d'autres branches d'industrie. On en retira aussi le brome et l'iode.
Actuellement, l'industrie des varechs subit une crise très intense. En France, il ne subsiste plus que quelques usines le long du littoral, dans le Finistère et le Morbihan. La principale est située au Conquet et appartient à M. Tissier. Nous avons extrait les renseignements qui précèdent d'une notice publiée par lui.
En 1873, les usines donnaient du travail à plus de 10000 personnes, occupées, soit dans les usines, soit à cueillir, ramasser, sécher et incinérer par an 200 millions de kilos de varechs verts, dont on put extraire 12 millions de kilos de soude brute. De cette soude brute, on obtint, par lavages méthodiques et opérations chimiques diverses :