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PAPIER

ploite aussi un peu eu Portugal, dans la province des Algaïves. Suède et Norvège. — Cette contrée semble privilégiée par la nature pour la fabrication du papier, à cause de la pureté de ses eaux, de l'abondance de ses cascades et surtout à cause de ses forêts de bois tendre presque inépuisables. De plus, la maind'œuvre y est à bon marché. On y expédie en Europe d'immenses quantités de pâtes de. bois. En 1892, ce pays a produit 210000 tonnes de pulpe de bois et 28000 tonnes de pulpe chimique. On fabrique à Grycksbo un excellent papier à filtre, dit papier Berzelius, du nom du célèbre chimiste suédois.

Russie. — Les papeteries sont principalement groupées autour de Saint-Pétersbourg, de Moscou, de Varsovie, de Kiev et de Vilna. La Finlande fabrique beaucoup de pâte de bois avec le tremble et le bouleau, arbres qui abondent dans ses forêts. Etats-Unis. — Ce sont les États-Unis qui possèdent relativement le plus grand nombre de papeteries. L'industrie du papier, encore presque nulle au début de ce siècle, y a pris une extension considérable. Ces États produisent à eux seuls une quantité de papier égale à la moitié de celle que produit l'Europe entière.

Chine et Japon. — Les Chinois et les Japonais fabriquent, avec des plantes indigènes, un papier spécial, bien supérieur comme qualité à celui de l'Europe et des États-Unis.

Le papier chinois est obtenu principalement avec de l'écorce de bambou, qu'on fait bouillir avec une lessive alcaline. Le papier de bambou est doux, soyeux, mince et très tenace.

Au Japon, chaque famille prépare elle-même son pap'ier. On cultive pour cet usage, sur une très vaste échelle, trois plantes principales : le Wickstromia canescens, YEdgeivorthia papyrifera et surtout le Broussomtia papyrifera. On a essayé d'acclimater ces végétaux en Europe, mais sans succès jusqu'ici. Les procédés de préparation du papier sont assez simples. Nous donnerons, d'après M. A. Girard, ceux employés avec le Broussonetia papyrifera, ou mûrier à papier, le mulberry des Angkus, qui se reproduit par des boutures, forme des buissons de deux mètres environ de hauteur et dont l'écorce peut être

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transformée en papier dès la cinquième année de plantation. On fait bouillir les écorces avec de l'eau pendant deux heures ; la partie extérieure se détache et il reste la partie intérieure, formée des fibres qu'on va transformer en pâte à papier. Pour cela, on met la matière en hottes, qu'on expose au soleil, ce qui produit un blanchiment supérieur à celui du chlore, car la fibre conserve toute sa fermeté.

La matière est alors mise à bouillir dans de l'eau avec l'alcali obtenu par la calcination même de la plante. On sait, en effet, que les cendres îles végétaux sont riches en carbonate de potasse. On frappe sans cesse, avec un bâton, pour réduire les fibres en bouillie, puis on colle en ajoutant du riz bouilli, ou un extrait obtenu en faisant bouillir des racines d'Hibiscus manihot, ou encore la tille de X Hijdranqra paniculata. Ces substances rendent le papier plus lisse et les fibres plus adhésives.

La pâte ainsi préparée, on fabrique le papier lui-même avec une toile formée de fils de soie très rapprochés, et tendus sur un cadre en tiges de bambous. C'est l'ancien procédé, encore en usage en Europe avant l'invention de la machine continue de Robert.

Les Chinois et les Japonais se servent du papier pour les usages les plus divers. Ils en font des éventails, des lanternes, des parapluies, des ombrelles, des chapeaux, des chaussures, des mouchoirs, des vêtements imperméables, des manteaux, des étoiles, des imitations de cuirs. Nous verrons plus loin que les Américains ont imité ces peuples de l'Extrême-Orient.

En Europe, les papiers chinois et japonais trouvent aussi des emplois particuliers. L'Angleterre s'en sert beaucoup pour relier ses livres. La gravure les utilise aussi pour faire ses reports sur pierre.

Au Siam, on fabrique également du papier avec l'écorce d'un arbre, le tou-koi, au moyen de procédés analogues à ceux des Japonais et des Chinois.

Nous signalerons enliu la fabrication du papier «lit de riz, bien improprement nommé, puisqu'il est obtenu à l'île Formose avec la moelle du toung-tsao, ou Aralia papyrifera. C'est un

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