I. — AMERS TONIQUES ET FÉBRIFUGES
^ Quinquinas. — Le quinquina est l'écorce de plusieurs variétés d'arbres désignés sous le nom de Cinc/tonas, originaires de l'Amérique du Sud. Au point de vue commercial, on le distingue, suivant sa couleur, en quinquina jaune, qui est le plus riche en quinine, en quinquina rouge et en quinquina gris.
Les Cinchonas croissent spontanément dans une zone d'une longueur de 3200 kilomètres et d'une largeur de 72, depuis
PRODUITS PEIARMACEUTIQUES.
Caracas (Venezuela) jusqu'à Potosi (Bolivie), dans des ramifications des Andes, à des altitudes qui varient entre 1200 et 3270 mètres.
Les propriétés fébrifuges du quinquina étaient déjà connues des indigènes de l'Amérique du Sud avant l'arrivée des Espagnols. C'est seulement en 1636 que ce remède fut connu des Européens, à la suite de la guérison de la vice-reine du Pérou, la comtesse de Cinchon. La précieuse écorce fut aussitôt transportée en Espagne par les soins du vice-roi, et à Rome par les jésuites. Le docteur anglais Talabot s'en servit la première fois, en France, pour soigner Louis XIV. C'est en 1820 que Pelletier et Caventou réussirent à extraire du quinquina son principe actif, la quinine. On emploie le plus souvent la quinine sous la forme de sulfate.
On put craindre un moment la disparition complète des Cinchonas de l'Amérique du Sud, tant le mode d'extraction de l'écorce était barbare. De plus, les guerres sanglantes qui dévastaient ce pays rendaient l'exploitation trop inégale. Les nations européennes songèrent donc aux moyens d'acclimater les Cinchonas dans leurs diverses colonies.
En 1850, les Hollandais chargèrent le docteur Hasskarl de recueillir, dans l'Amérique du Sud, de jeunes tiges et des graines de Cinchonas, tentative d'ailleurs rendue très difficile par suite de l'opposition des gouvernements, qui voulaient conserver le monopole des quinquinas. Hasskarl réussit cependant dans sa mission et put planter quelques Cinchonas dans les environs de Batavia. Ces arbres se multiplièrent rapidement et donnent lieu actuellement à une grande exploitation dans les Indes Orientales.
Les Anglais imitèrent aussitôt les Hollandais. Dès 1859, les naturalistes Marckham et Cross, au retour d'une mission en Bolivie et au Pérou, plantèrent des Cinchonas à Ootacamund, gouvernement de Madras, dans les Indes. En 1866, on comptait dans l'Inde anglaise plus d'un million de pieds de ces arbres, dans l'île de Ceylan, le Bengale, etc.
La France a fait aussi quelques tentatives de naturalisation