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CHAUSSURES, GANTS, MAROQUINERIE

L'industrie de la ganterie a été introduite dans ce pays par des ouvriers français, chassés de leur pays par les révolutions. Naples et Palerme, en Italie, fabriquent des gants en peau d'agneau, remarquables par leur solidité et surtout leur bon marché extraordinaire.

MAROQUINERIE

On donne le nom de maroquin au cuir teint, très fin et très souple. Le vrai maroquin ne se fabrique qu'avec des peaux de chèvre et de bouc ; le veau et le mouton produisent les faux maroquins ou peaux maroquinées. Son nom vient de ce que ce cuir spécial nous est arrivé pour la première fois du Maroc.

La préparation du maroquin est très difficile, car le cuir, n'absorbant que très irrégulièrement les couleurs, se prête peu à la teinture. Cette teinture exige donc beaucoup de soins et d'intelligence. Les chimistes, donnant tous leurs soins de préférence à la teinture des textiles, négligèrent pendant longtemps la teinture des cuirs. Mais aujourd'hui, grâce aux progrès de la science, on est parvenu à teindre les cuirs avec une grande perfection et à imiter les belles nuances des soies et des satins. La vivacité des couleurs et la variété des nuances ne laissent plus rien à désirer. La maroquinerie est ainsi devenue l'une des plus belles applications de la chimie.

La teinture des peaux est une industrie relativement moderne, car les premiers essais pour imiter les cuirs coloriés qui venaient de Russie et les maroquins rouges et jaunes du Levant et du Maroc, ne datent que du milieu du xvm e siècle.

Après un dépilage à la chaux, les peaux sont légèrement tannées au sumac ou à la noix de galle, pendant une semaine seulement, soit en fosse, soit en décoction. La teinture, pratiquée à l'origine à la brosse ou au chiffon, donnait un résultat imparfait ; on opère maintenant dans un bain de la même manière que pour les tissus. Après teinture, on frotte avec de l'huile de lin, on lustre et on donne enfin un grain artificiel.

Voici les principales matières colorantes employées : cochenille ou kermès avec sel d'étain (chlorure stanneux) pour le

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rouge, indigo à la cuve à la couperose pour le bleu, acétate de fer pour le noir, graine d'Avignon ou racine d'épine-vinette pour le jaune. Pour le violet, on teint d'abord en bleu, puis en rouge avec la cochenille. On fait depuis quelques années un grand usage des couleurs d'aniline.

Il arrive souvent qu'on teint le cuir en rouge avant le tannage.

Pour chagriner le maroquin on se sert, à Astrakan et dans le Levant, d'un procédé analogue à celui qui permet d'obtenir la peau de chagrin. On recouvre la peau humide de graines do moutarde, puis on l'expose au soleil. Par suite de la dessiccation, les graines pénètrent dans la peau qui se chagrine.

En France c'est Thouvenin, un célèbre relieur, qui chagrina le premier le maroquin par un procédé à la main, long et dispendieux. On obtient aujourd'hui, par des procédés mécaniques, des maroquins à grain égal, ferme, serré, mat au fond, brillant à la surface, très recherché pour la reliure et la gainerie. Statistique. — La France tira longtemps ses maroquins du Levant ou d'Angleterre. La première fabrique de maroquinerie fut fondée à Choisy-le-Roi, près Paris, à la fin du xvin siècle, par Fauler et Kempf. La France put alors livrer à l'étranger un maroquin rouge, supérieur eu qualité à celui du Levant. Ce rouge était obtenu au moyen de la cochenille. Le secret en fut longtemps gardé. En 1815 seulement on parvint à employer l'indigo. Un peu plus tard, Strasbourg inventa le mordoré, nuance d'une teinte brillante et dorée qui devint bientôt à la mode en France. Il est juste d'ajouter que l'Allemagne fabriquait déjà le mordoré avant Strasbourg.

Le maroquin se fabrique principalement à Paris. Sous le nom de basanes, le Midi prépare beaucoup de peaux de mouton colorées.

La maroquinerie comprend la fabrication d'un grand nombre d'articles divers : nécessaires de toilette, sacs, trousses, albums, portefeuilles, porte-monnaies, porte-cigares, gainerie pour argenterie, porcelaines, cristaux, bijouterie, etc. La maroquinerie française jouit d'une réputation déjà ancienne et justement »• 3

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