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II. - CHEVEUX

Les cheveux sont principalement employés pour la fabrication des perruques, toupets, nattes, destinés à dissimuler les ravages du temps. Les cheveux les plus estimés sont fournis par les communautés religieuses de la Bretagne. Les femmes de l'Ouest

CRINS, BROSSERIE, ETC.

de la France possèdent les cheveux les plus fins, ce qui est probablement dû à l'humidité et au climat tempéré de cette région. L'Italie, la Belgique, l'Allemagne exportent aussi beaucoup de cheveux. Paris travaille le mieux les cheveux pour postiches. Citons aussi les produits d'Angleterre, de Belgique et d'Italie.

Les cheveux servent également à fabriquer des tissus, des bracelets, des cordons et autres objets montés en or et argent, des médaillons, des bagues, des tableaux religieux. La bijouterie en cheveux a acquis une assez grande importance. Cet art, dont les principaux centres de fabrication sont Paris, Lyon et l'Allemagne, était déjà connu en Angleterre au xvni siècle. Ce sont en effet des prisonniers anglais qui, sous le premier empire, importèrent la fabrication de la bijouterie en cheveux en France. Ces prisonniers avaient trouvé là une occasion de gagner de l'argent, en transformant en pieux souvenirs les cheveux d'êtres aimés, enlevés par la mort.

PLUMES

Les plumes sont employées comme fourrures, comme parures et enfin pour la literie.

On traite les fourrures à plumes à peu près de la même manière que les fourrures à poils ; elles servent à confectionner les manchons, les palatines, les tours de cou, les garnitures de robes. Les principales peaux employées sont celles des cygnes blancs et noirs, des oies et des grèbes.

Pour la parure on utilise les plumes d'un bien plus grand nombre d'oiseaux. L'arrachage doit se faire sur l'animal vivant, autrement elles seraient ternes, molles et sans consistance ; il en est de même d'ailleurs pour les duvets destinés à la literie. Arrachées sur l'animal vivant, les plumes conservent au contraire leur fermeté et leur élasticité.

Les prix des plumes sont très variables, car ils dépendent des caprices de la mode.

On est arrivé dans ces derniers temps à utiliser des plumes que leur teinte empêchait jadis de servir à la parure et consé-

PLUMES

quemment délaissées, par exemple les petites plumes noires et grises de l'autruche. Voici le procédé indiqué par MM. Viol et Duflot pour les décolorer : on les trempe pendant trois à quatre heures dans un bain tiède et très étendu d'acide nitrique et de bichromate de potasse, puis on les lave dans une seconde solution également très étendue d'acide sulfureux. Les plumes deviennent alors blanches et ne sont nullement altérées.

Tout est utilisé dans les plumes, même jusqu'à leur chair : on la colore et on la colle sur de la gaze pour confectionner divers petits objets de parure. La coloration des plumes est une opération des plus faciles à réussir.

Les principales plumes utilisées pour la parure sont celles d'autruche, de vautour, de coq, d'oie, de cygne, de dinde et de paon. L'autruche fournit les plumes les plus recherchées poulies coiffures de dames, principalement l'autruche africaine. Les plumes de l'autruche bâtarde de l'Amérique du Sud et de la Patagonie ne sont guère employées que pour la fabrication des plumeaux.

Les autruches sauvages sont chassées dans le nord et le centre de l'Afrique, et dans la partie de l'Asie la plus rapprochée de l'Afrique. Celles de la Tripolitaiue, de l'Algérie, du Maroc, donnent des plumes très estimées, mais qui manquent de longueur, d'ampleur et de grâce ; celles du Sénégal leur sont inférieures. Les plumes des autruches de Syrie, dites d'Alep, très rares et très chères, sont les plus parfaites au point de vue de la couleur, de la longueur, de l'élégance et celles provenant d'Arabie sont de qualité très médiocre.

La chasse des autruches sauvages a été pratiquée avec une intensité telle que ces volatiles ont presque totalement disparu. Ces oiseaux peuvent, heureusement, se domestiquer; leur reproduction est ainsi assurée. La domestication de l'autruche remonte à l'antiquité. Signalée dans l'Ecriture sainte et dans les inscriptions des monuments égyptiens et assyriens, elle est pratiquée actuellement en plusieurs points de l'Afrique, au Cap, en Algérie, dans le Haut-Sénégal, au Maroc, dans la Haute-Egypte, au Kordofan et dans le Soudan. On a tenté, avec plus ou moins

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