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II. — ÉCAILLE

L'écaillé est la matière cornée constituant le bouclier supérieur de la tortue. En exposant à l'action du feu ce bouclier, les plaques d'écaillé se détachent. La corne et l'écaillé ont la même composition et les mêmes propriétés, ce qui permet de les travailler de la même façon; mais, à cause de sa coloration, d'ailleurs fort belle, on ne teint jamais l'écaillé.

L'écaillé sert à fabriquer des peignes, des lorgnons, des éventails, des bonbonnières, des tabatières, à faire des placages. Elle se travaille à la main ou à la mécanique. On la ramollit dans l'eau chaude et salée, car le sel lui conserve son élasticité ; on lui donne la forme voulue par la compression, et, finalement, on la polit après façon.

Susceptible de se souder à elle-même, comme la corne, on utilise ses rognures par un procédé analogue à celui déjà indiqué au paragraphe précédent. Le produit ainsi obtenu, dit écaille fondue, sert à la confection d'objets communs.

La corne et l'écaillé se fendent assez facilement, mais l'une et l'autre peuvent se réparer par un procédé simple ; il suffit de ramollir les morceaux dans l'eau chaude et de comprimer fortement les deux sections : elles se soudent par refroidissement.

Les deux espèces de tortues les plus recherchées sont la tortue caret, qui peut atteindre jusqu'à un demi-mètre de longueur, et la tortue caouanne. L'écaillé blonde est de beaucoup la plus estimée ; la qualité vraiment supérieure vaut son poids d'or : elle provient principalement de la Havane, de l'Amérique cen-

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traie, des Indes néerlandaises, de l'Australie, de l'île Maurice. L'industrie recherche aussi les écailles de la Chine, des îles Seychelles, de Manille, de Madagascar. Celles de l'Amérique ont des feuilles particulièrement grandes et épaisses. On estime moins celles des Indes anglaises et de la mer Rouge, uniformément désignées sous le nom d'écaillés d'Egypte.

IVOIRE

On appelle indistinctement ivoire les défenses des éléphants, des rhinocéros, des hippopotames, des morses et des narvals ; mais le véritable ivoire est celui qui constitue les défenses des éléphants. C'est le plus beau et le plus cher ; il est fourni exclusivement par l'Afrique et lAsie. Celui de l'hippopotame, qui vient principalement du Natal, est d'une grande dureté et d'une grande finesse de grain, mais les dents sont creuses, le volume en est très limité et on ne peut l'utiliser que pour des objets de petites dimensions. Les ivoires de rhinocéros, provenant du Natal et du Cap, ceux de morses et de narvals sont de qualités plus médiocres.

Le commerce distingue quatre espèces d'ivoires : 1° l'ivoire de l'Afrique centrale ; 2° l'ivoire du Cap ; 3° l'ivoire des Indes et du Siam; 4° l'ivoire fossile de Sibérie, disséminé dans le sol, parfois en amas considérables, et constitué par les défenses d'une sorte d'éléphant antédiluvien, le mammouth, recouvert de poils, animal de dimensions plus colossales que les éléphants de la période contemporaine et dont l'espèce a totalement disparu du globe. On découvre parfois encore, englobés dans la glace, des mammouths parfaitement conservés depuis des milliers d'années et dont la viande sert d'aliment aux indigènes. Les défenses fossiles se trouvent le long des grands fleuves de la Sibérie, où ils ont été charriés par les eaux et les glaces. L'ivoire fossile n'a pas les qualités de l'ivoire vivant.

L'ivoire des Indes et de Siam, le plus rare, est très blanc ou légèrement rosé. Celui du Cap est un peu jaune ou d'un blond mat.

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