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CORNE, ÉCAILLE, IVOIRE, OS, BALEINE, ETC

à calciner les os dans des pots de fonte ou de fer, empilés les uns sur les autres dans un four, de manière que les pots se ferment mutuellement. Quand la température est arrivée au rouge, la matière organique des os dégage des vapeurs combustibles qui s'enflamment, en sorte que l'opération se continue d'ellemême, sans qu'il soit besoin d'ajouter du charbon dans le four. La grande difficulté est d'obtenir une calcination juste à point ; trop peu calcinés, lesos fournissent un noir peu décolorant, communiquant un mauvais goût ; trop calcinés, le noir est trop compact et décolore mal également.

Le second procédé, le plus récent, cherche à utiliser les gaz dégagés pendant la combustion et renfermant beaucoup d'ammoniaque. Les os sont calcinés dans des cylindres en terre et les vapeurs viennent se condenser dans un récipient contenant de l'eau. Cette eau ammoniacale sert à fabriquer du sulfate d'ammoniaque pour engrais. Quant aux gaz non condensables et inflammables, ils sont conduits dans le foyer et aident à la calcination. Ce procédé, qui semble avantageux à première vue, fournit cependant un noir animal peu décolorant, car la cuisson se fait trop irrégulièrement.

Après calcination, le noir animal est concassé au moyen de cylindres cannelés ou broyé très finement sous des meules. Sous forme de poudre impalpable, il est utilisé, à cause de sa couleur, pour la teinture en noir des tissus ou pour la fabrication du cirage.

Le noir animal jouit en outre de deux propriétés fort remarquables : il absorbe les matières organiques putrescibles, d'où son emploi dans la fabrication des filtres destinés à purifier les eaux corrompues; il décolore en outre certains liquides, le sirop de sucre, le vin, etc. En raison de ce pouvoir décolorant, il est surtout utilisé dans la fabrication du sucre.

Sous le nom de noir d'ivoire, de velours, de Cassel, de Cologne, etc., on trouve dans le commerce un noir obtenu par la calcination des débris d'ivoire et des os de mouton. Ce noir sert à la fabrication du cirage et pour la préparation des matières colorantes noires.

NOIR ANIMAL ET CIRAGE

Les os ne sont pas seuls capables de fournir par calcination en vase clos du noir doué de la propriété d'absorber les matières organiques colorées ou putrides : on obtient encore un produit plus absorbant que le noir animal par calcination d'un mélange de sang et de carbonate de potasse. On peut aussi calciner les varechs, si abondants sur nos côtes de Bretagne, ou encore les schistes bitumineux. Le noir obtenu avec les schistes .est impropre à la purification du sucre, en raison de la présence du sulfure de fer ; il ne peut être utilisé que pour sa couleur.

Cirage. — Le cirage a pour but de colorer le cuir, de lui conserver sa souplesse et de l'empêcher de se fendiller. Pour réunir ces qualités, sa fabrication est difficile et exige de grands soins. Il importe de ne faire usage que d'excellent cirage : celui de mauvaise qualité détériore les chaussures au lieu de les conserver et de les bonifier.

Il existe dans le commerce deux sortes de cirages : le cirage français, en pâte plus ou moins molle ou résistante, et le cirage anglais, fluide. On distingue aussi les vernis, plus siccatifs que les cirages proprement dits.

Les matières colorantes employées dans la fabrication des cirages français sont le noir d'os ou d'ivoire, le noir minéral obtenu par calcination des schistes bitumineux, particulièrement ceux de Menât, et le noir de fumée. Pour rendre la couleur plus agréable à l'œil, on y ajoute un peu de bleu de Prusse, de sulfate d'indigo ou de l'encre, obtenue par un mélange de noix de galle et de sulfate de fer. On y ajoute un corps gras, généralement de l'huile, une matière sucrée, du miel, de la mélasse ou de la glucose, un acide, du vinaigre, de l'acide sulfurique, de l'acide chlorhydrique, du jus de citron, du plâtre comme épaississant, parfois aussi de la vaseline ou de la glycérine. La glycérine doit être rejetée, car elle désagrège rapidement le cuir.

Les acides, en réagissant sur le noir animal, transforment le phosphate tricalcique en phosphates acides solubles. Il se forme en même temps des sels de chaux (surtout avec l'acide chlorhydrique) solubles, déliquescents et qui contribuent à entretenir l'humidité du cuir. Il faut éviter un excès d'acide qui brûlerait

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