CHANDELLES, BOUGIES ET SAVONS
effectuer dans la saponification sulfurique. Très simples, elles se font au moyen de l'appareil de Knab. Le corps gras, ici du suif, ou plus souvent de l'huile de palme ou de coco, est chauffé à 90° par de la vapeur d'eau et mélangé avec de l'acide sulfurique également chauffé à 90°. La glycérine est mise en liberté et les acides gras se combinent avec l'acide sulfurique pour former un liquide noir. Le mélange est alors versé dans de l'eau bouillante : l'acide sulfurique et les acides gras sont remis en liberté. Il n'y a plus qu'à décanter ces acides qui surnagent à la surface du liquide.
La nouvelle méthode semblait supérieure à celle de la saponification calcaire : le rendement était beaucoup plus élevé, car une partie de l'acide oléique liquide est transformée en acide élaïdique solide. Le rendement, qui était de 47 à 52 p. 100 avec la chaux, montait à 60 ou 66 p. 100 avec l'acide sulfurique. Malheureusement il fournissait des bougies de qualité très inférieure. Lisses, polies, brillantes, sèches, d'un point de fusion élevé avec la chaux, celles dues au procédé Knab étaient ternes, molles, grasses au toucher, et d'un point de fusion trop bas.
Il fallait absolument perfectionner ce procédé. On chercha d'abord à séparer l'acide oléique restant dans les acides gras. On ne pouvait y arriver par la compression, car plus on comprimait et plus le résidu était coloré, à cause de la formation de goudrons pendant la saponification sulfurique. La solution du problème fut découverte en France, par Dubrunfaut, qui se servit de la distillation à la vapeur. Les acides gras ne peuvent distiller quand on les chauffe seuls, car la chaleur les décompose ; mais soumis, à 230°, à l'action d'un courant de vapeur d'eau dans un alambic, ils éprouvent une véritable distillation ; il est alors facile de les séparer suivant l'ordre de leurs points respectifs de fusion. On élimine ainsi les acides trop mous et trop fusibles. En 1866, de Milly parvint à empêcher la formation des goudrons pendant la saponification sulfurique, et il put obtenir, par compression à froid, puis à chaud, des acides gras purs et identiques à ceux de la saponification calcaire.
M. Frémy avait aussi découvert que les corps gras se dédou-
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